Vous avez 0 article dans votre panier   
Catalogue


  0.20 €

Téléchargement PDF ou EPUB






Première réunion de la Pléiade
Auteur : Jules Renard
Date de publication : 30/04/2010
isbn : 978-2-9534938-Cl-5.011

Le 13 novembre 1889, Jules Renard participait à la première réunion de la revue La Pléiade dans un café parisien, le Café Français.

Nous rapportons ici, l’extrait de son journal du 14 novembre 1889 parlant de cette réunion. On retrouve toute l’acidité du ton de Jules Renard, notamment dans la description des participants à cette réunion, et aussi dans le contenu de celle-ci.

Tous les amateurs de Jules Renard retrouveront le ton mordant, ironique et l’autodérision dont l’auteur fait preuve. Pour ceux qui ne connaissent pas cet écrivain, n’hésitez pas à lire ces 7 pages, qui vous feront sourire à défaut de rire.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Né à Mayenne en 1864, Jules Renard consacre sa vie à l'écriture.Il crée le personnage de Poil de Carotte en 1894. Il écrit aussi des oeuvres réalistes telles que Histoire naturelle ou Les Philippe. On retrouve, dans ses journaux, tout son esprit critique, son sens satirique et mordant. Ils sont une grande source de renseignements sur la vie littéraire de l'époque.

Il s'éteint à Paris en 1910.

 

 

 

14 novembre (1889)

Hier soir 13, première réunion de la Pléiade au Café Français, vu des têtes étranges. Je croyais qu’on en avait fini avec les longs cheveux. J’ai cru entrer dans une ménagerie. Ils étaient sept. Retrouvé Court. Il n’a pas grandi, et, bien que je ne l’aie pas vu depuis cinq ans au moins, il m’a semblé qu’il n’avait pas encore pris le temps de renouveler son faux-col, ni ses dents. Vallette me présente. Nous nous sommes tous connus de nom. On se lève avec politesse, car je suis le gros capitaliste de l’affaire. Déjà je m’effraie de certaines odeurs qui se lèvent. On s’assied, et, sur mon calepin en dedans, je commence à prendre des notes. Quelles chevelures ! L’un d’eux ressemble à l’homme qui rit, mais il rit mal, parce qu’un bouton gros de pus pend à sa lèvre inférieure. On peut compter ses poils de barbe, mais je n’ai pas le temps. Sa chevelure me captive, son chapeau mou, son dolman à col d’officier qui lui gante le buste, et son monocle qui tombe, qui se relève, éclate, inquiète. Elle cache ses oreilles, sa chevelure! A-t-il des oreilles ? J’espère qu’une porte, en s’ouvrant, un journal, en se déployant, va faire, d’un souffle, envoler une ou deux boucles, et que je pourrai les découvrir. Mais non ; les boucles sont trop lourdes et je finis par croire qu’il a les oreilles coupées. Les vilaines mains ! Des doigts rouges et pareils à des cigarettes mal roulées. Je ne peux pourtant pas toujours les regarder. Cela devient indécent. Il va m’emprunter dix francs pour le coup d’œil. Je tourne la tête à gauche. Autre chevelu. Une tête de bois, d’un lion de ménagerie pauvre qu’on oublie de peigner. C’est encore surprenant : des cheveux touffus comme un chêne de juin, et presque point de barbe. Le menton est blanc, le nez long, aplati un peu, un de nez de lion, quoi !

Produits associés

Commentaires des internautes

Commentaires :