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La Machine
Auteur : Melrika Roffray
Date de publication : 31/08/2007
isbn : 978-2-9534938-N-2.018

D’étranges disparitions d’objets ont lieu dans la petite station balnéaire, d’ordinaire tranquille, d’Etretat...

De mémoire d'Estretatais, on n'avait encore jamais connu de pareils événements. Gamineries, vengeance de voisinage, touristes en mal de souvenirs ?


Une bien étrange affaire pour une fin assez rocambolesque

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Ah ! Melrika ! C’est la douceur, la tendresse, l’émotivité exacerbée. Ses nouvelles sont un régal entre légendes inventées, contes médiévaux, histoires mélancoliques. Un mot peut éveiller en elle tout un univers qu’elle pose sur le papier avec beaucoup d’émotion. Ce fut le cas pour la nouvelle « la tristesse d’Henri », née du mot LIT. Son imagination lui inspire souvent des œuvres presque magiques, inspirées de croyances et de superstitions populaires.

Vous n’hésiterez pas à la suivre sur les traces de cette louve si humaine, ou dans ses poèmes d’une infinie tendresse.

Le petit port de pêche d’Etretat frissonnait sous les derniers frimas de cette fin d’hiver. Le printemps approchait, ça se sentait aux timides rayons de soleil qui pointaient, faisant fondre le givre déposé dans la nuit, mais les matins étaient encore noyés de frilosité. Les pêcheurs s’interpellaient, sortaient leurs filets, s’activaient sur le pont des bateaux.

- Alors, père Chosnu, la pêche a été bonne ?
- Bah ! Avec leur pollution, y font fuir le poisson
- Allons, allons, vous dites ça depuis 10 ans et vous nous sortez toujours de beaux spécimens de vos filets
- Ouais, mais faut aller le chercher de plus en plus loin maint’nant le poisson. Y vient p’us tout seul
- Ca s’rait-y pas qu’vous iriez le piquer aux Anglais vot’ poisson ?
- Moquez-vous ! J’sais c’que j’dis. Je m’souviens quand on sortait avec le père, la pêche c’était aut’ chose!

Grognon, le vieux pêcheur agrippa son panier rempli de poissons argentés, encore tout frétillants et enjamba la passerelle. Il passa, raide et fier devant les gendarmes hilares. Ils aimaient bien le taquiner le vieux. Il n’était pas mauvais bougre, juste un rien bougon. C’était devenu presque un jeu entre eux.
- Et ce moteur, père Chosnu, toujours pas retrouvé ? insistèrent-ils
Le vieux se retourna.
- Hé ! C’est qui les gendarmes ? Déjà que vous foutez pas grand- chose qu’embêter le monde, faudrait faire vot’ boulot à vot’ place ! Que non que j’l’ai pas. Au lieu d’enquiquiner le pauv’ gars qui bosse, vous feriez bin d’courir après ceux qui m’l’ont piqué… J’sais pas quel garnement m’l’a pris, mais si j’l’attrape, sûr que j’lui chaufferai les oreilles.
- On ne vous a rien pris d’autre ? Uniquement ce vieux moteur ?
- Non, rien d’aut’. Tiens, par contre le fils Quérel, lui, il a perdu ses voiles de planche. Envolées ! Au lieu d’me faire perd’ mon temps avec vos questions bêtes, là, feriez mieux d’chercher qui est le chenapan qui nous dépouille.
- On cherche père Chosnu, on cherche. Dites voir, c’est-y pas un turbot qu’vous ramenez là?
Le vieux, malicieux, les regarda et susurra, un sourire en coin
- Pt’êt’ bin. Qui sait ? Quand vous m’rendrez mon moteur, j’en trouverai bin un à vous met’ de côté.
- Mais ça ressemblerait pas à du chantage ?
- Ou de la corruption de fonctionnaire, peut-être, chef, j’dirais !

Les deux gendarmes partirent en rigolant, plantant là le vieux pêcheur qui ôta sa casquette pour se gratter la tête. Décidément, pensa-t-il, dans la gendarmerie, ils se la coulaient douce aux dépens du pauv’ monde !

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