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Eric ou la vraie vie - la nouvelle
Auteur : Odil Allebaï
Date de publication : 19/11/2007
isbn : 978-2-9534938-N-2.010

Mais quelle est donc la vraie vie d’Eric ? Jeune homme encore, il chemine en sensualité entre Suisse et grandes affaires publiques, sapinières et lacs argentés. Et la belle Sybille n’est jamais bien loin ...

Remarques : L'auteur a également écrit un roman intitulé aussi Eric ou la vraie vie, disponible sur ce site en rubrique romans

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

C’est un “viveur“ de la poésie au quotidien. Il déambule sur le sentier des sens. C’est sa façon d’explorer les paysages de la vie. Il danse avec les phrases, il peint avec les mots.
Il aime les arts, tous les arts et sa description d’un ballet à l’opéra (Eric ou la vraie vie, le roman) est un grand moment de joie tant il parvient à faire vivre les danseurs avec ses mots.

Père de famille nombreuse, il enseigne à la faculté de Nanterre et s’investit dans la vie politique et communautaire de notre pays. Très actif, il dispose de peu de temps pour s’adonner à sa passion, l’écriture. Dommage.

... Une table ronde recouverte d’une nappe au crochet.

Eric Tambert prend un verre dans la main gauche. Son regard glisse vers la haute fenêtre aux carreaux de verre ancien, à l’épaisseur un peu irrégulière, d’où l’on découvre, par endroit troublées, les Alpes, éclatantes de blancheur. Il inspire profondément, de cette joie que pénètre la force de ces matins qui s’ouvrent sur un jour que l’on se sent prendre à pleines mains.

Au pied de l’hôtel s’étend un lac dont l’eau calme, d’une couleur d’acier, offre un miroir qui reçoit le paysage alentour. Quelques sapins en bouquets tombent sur les berges douces et l’on voit, au loin, des gens qui s’approchent d’une jetée de bois.

Eric emplit le verre de jus de fruit, qu’il boit tout en tournant la crémone. De l’air vif d’automne bouffe et la cretonne des rideaux frissonne. Ses pieds nus crissent sur le tapis de laine courte. Il emplit à nouveau le verre qu’il vide d’un trait dont la fraîcheur achève de le réveiller, par l’intérieur du corps.

Arrivé dans ce village suisse, tout près de Genève, la veille au soir, ce conseiller de ministre, tel qu’il se nomme lui-même, se prépare à affronter une suite de rencontres dont le programme, pourtant établi avec soin mais comme rappelé par le matin, l’envahit soudain. C’en est fini de la quiétude de la nuit, déchirée à coup de mémoire, engloutie dans une cascade de brutales réminiscences. Tous ses nerfs s’avivent. Sa respiration s’accélère. Il est 8 heures 15.
Le grand lit à l’édredon large achève de rendre sa chaleur. Le parquet encaustiqué reflète à peine une soirée passée au coin du feu.
Costard. Cravate. Mocassins noirs. Cartable en cuir.
Eric avale en vitesse un croissant.
Moteur. On tourne.

Assises autour d’une immense table de verre, des personnalités discutent. Des dossiers sont étalés.

21 10 99
Je ne sais que te faire dire, ce soir, Eric. Me voilà bien seul, et heureux, tout à la fois.
Sur le chemin de la lumière ? D’une solitude profonde, solide et ouverte. Et je me demande si je n’ai jamais été aussi heureux que ces jours ci, alors que les circonstances abonderaient  plutôt vers le malheur, à en juger des événements familiaux. Or, il n’en est rien. Aurais-je progressé à ce point que l’amour s’emparerait de mon âme, à mon insu ? Aurais-je la faiblesse de le croire ? La touchante détresse de ma femme, les attentes brûlantes de mes enfants, tout cela  se mêle dans mon coeur. Je souhaite tant l’aider, elle, et leur répondre, à eux. Et toi, Eric ?

Cette réunion dure maintenant depuis plus d’une heure. La discussion est âpre : un grand homme, sec, bardé d’un costume gris, à peine orné d’une cravate aux motifs tourmentés, prend la parole plus qu’il n’en faudrait. Ce bavard tente en fait d’imposer un pont de vue que les autres refusent obstinément, chacun à son tour. Pourtant, le premier revient à la charge, inlassablement, abreuvant les participants de ces arguments débités d’un ton tantôt  faussement paternel, tantôt vraiment virulent : « les avantages d’une souscription commune sont pourtant sans égal, et mon Gouvernement la soutient, qu’attendez vous pour en faire de même ? », voilà ce qu‘il rabâche. Les enjeux de cette négociation ne manquent pas d’ampleur financière.

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