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La clef des rêves
Auteur : Pascal Lantran
Date de publication : 09/06/2009
isbn : 978-2-9534938-N-2.007

Dormir ! Tout le monde y aspire. Mais que faire lorsqu’on constate que le cauchemar s’inscrit dans la réalité  ? Comment empêcher la réalisation de ces rêves prémonitoires ? Comment éviter de rêver, de voir les catastrophes créées par un cerveau trop imaginatif ?

Pascal nous entraîne dans un monde entre songe et réalité, entre la nuit angoissante et le réveil horrifié. Pour amateurs de frissons, car le lecteur restera plongé dans un univers de perplexité.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Homme réservé à l’humour décapant, ses traits d’esprit tombent comme des couperets au moment les plus inattendus. Père de famille attentionné, il dispose de peu de temps pour écrire et c’est bien dommage car Pascal est très talentueux.

Ses nouvelles sont toujours un réel moment de plaisir tant son écriture est fluide et ses idées intrigantes. Les mots sont choisis avec précision. Ses mondes obscurs vous entraîneront dans des aventures frissonnantes, voire inquiétantes.

D’origine picarde, Pascal vit en région parisienne depuis de longues années. Père de deux enfants, il travaille dans l’informatique. Passionné d’écriture, il participe à des ateliers d’écriture.

Je voulais ne plus rêver.

Des années durant, je n’ai connu que des nuits calmes. Je ne regrettais nullement les désastres oniriques qui peuplent le sommeil enfantin. Cela ne me manquait pas, les animaux sauvages tapis sous le lit, les arrivées à l’école en pyjama, les gâteaux d’anniversaire en choux de Bruxelles. Seuls revenaient parfois des rêves où, au prix d’efforts intenses, je lévitais plus que ne volais. Dans des cours de récréation, dans des champs de mines, au pied de murs infranchissables, je m’élevais plus ou moins haut, toujours à grand peine. Chaque fois, je me réveillais épuisé et déçu. Et puis plus rien. Plus de rêves, plus de cauchemars, plus de fantaisie, plus d’angoisses.

Je ne sais pas pourquoi les rêves reviennent. Cela avait bien commencé, j’avais détesté la sonnerie du réveil alors que, dans un train de banlieue, je ne résistais pas aux avances très explicites d’une jolie fille inconnue. J’avais presque oublié cet épisode, après quelques nuits ordinaires, quand dans une jungle incongrue, je fus pris dans un tremblement de terre. Autour de moi tombaient de nulle part des choses qui n’étaient pas là, des murs, des lavabos, des voitures, et je m’éveillai terrifié. Au matin, j’appris que, loin d’ici, un séisme avait rasé toute une région. C’est alors que je fis le rapprochement avec la fille du premier rêve. Cette nuit-là, une jolie fille, dans un train, avait été violée, puis tuée.

Mais les coïncidences existent, on n'allait pas en faire un plat. Et si, pourtant… Pendant des semaines, rien ne troubla mes nuits, bien que j'eusse fréquemment la sensation, au réveil, d'avoir excessivement mal dormi. Mes draps en désordre témoignaient le plus souvent d'un sommeil troublé, d'une lutte contre un agresseur impalpable qui semblait, lui, ne jamais se fatiguer. Je m'épuisais lentement, quand un matin je m'éveillai étonnamment reposé. J'avais rêvé, cependant, que pour un motif futile, j'avais pris l'avion, et que cet engin fou sans pilote tombait inexorablement. Je ne tardai pas à apprendre qu'à l'autre bout du monde, un autre avion, bien réel, s'était  écrasé sur un bidonville surpeuplé. Coïncidence, encore ? Je n'y croyais plus. Je me résignai à admettre que ces rêves devaient être prémonitoires.

Cette idée m'excitait énormément. Si je pouvais les prévoir, je devais tout faire pour éviter ces accidents, alerter les autorités compétentes de l'imminence de ces catastrophes naturelles, limiter à tout prix les dégâts. J'avais bien conscience que mes prémonitions étaient trop vagues, qu'elles n'auraient d'utilité que si je déterminais précisément les lieux et les circonstances, suffisamment tôt pour que mes révélations parviennent au bon endroit, pour qu'elles soient utilisées efficacement. Je devais prendre le contrôle de mes rêves, mais je ne savais pas comment. J'explorai vainement des dizaines d'ouvrages ésotériques, commis par autant de doux illuminés que de gourous douteux. Une libraire éthérée suggéra que mes expériences s'apparentaient au voyage astral, et je m'égarai dans divers traités de parapsychologie qui, pour ce que j'en compris, me convainquirent du contraire. Ces lectures inutiles et frustrantes rognaient mes nuits, la qualité de mon sommeil s'en ressentait, la fatigue s'installait. En m'endormant, je désirais confusément que ce fût le symptôme d'une nouvelle prémonition. Je le redoutais tout autant, je n'étais pas prêt, ce serait un gâchis. Ce le fut au-delà de toutes mes craintes.

Je m'éveillai au cœur de la nuit, trempé de sueur, la bouche sèche, les yeux encore pleins de flammes, les oreilles bourdonnantes du grondement du feu et des cris que je ne comprenais pas. Je me levai, pour boire, chasser les dernières images, trouver le calme. La pendule de la cuisine marquait trois heures. Pour me rassurer, j'allumai la radio. Il n'y passait rien que des programmes de nuit : des bandes musicales enregistrées, des débats soporifiques rediffusés pour les auditeurs insomniaques. Je m'inquiétais sans raison, ce n'était finalement qu'un cauchemar. À huit heures, j'étais encore accroché au ronronnement radiophonique lorsqu'un journaliste annonça que, peu avant trois heures, un incendie s'était déclenché dans le plus grand hôtel de Marrakech, ne laissant aucun survivant. Je pleurais de rage, je pleurais sur mon impuissance, sur l'inutilité de mes rêves, lorsque je réalisai avec effroi que je m'étaistrompé, depuis toujours. Je n'avais jamais eu de prémonitions, j'avais refusé d'admettre l'évidence, cette coïncidence temporelle parfaite entre rêve et réalité.

Après le choc de cette révélation, j'ai repris mes lectures. La libraire, qui n'est pas encore parvenue à se dissoudre totalement dans les limbes, a émis l'hypothèse que je pourrais être responsable de ce qui arrive, que je matérialiserais mes visions oniriques, que je provoquerais ces catastrophes par ma simple volonté. Elle m'a livré son opinion sans passion, sans enthousiasme ni désapprobation, comme s'il s'agissait d'une absolue platitude.

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