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Le chat du ministère
Auteur : Cary Devilseyes
Date de publication : 07/03/2008
isbn : 978-2-9534938-N-2.004

Cette histoire, tirée d’un fait réel, qui avait suscité, en son temps, de vives réactions en Angleterre, revue et réinventée par Cary, ne manque pas d'humour.

Raymond est un vieil habitué du ministère. Il y a sa place, ses relations, ses attaches. Il en a vu passer des ministres et aucun n'a pu le faire changer ses habitudes. Mais le dernier en date exagère vraiment. Seulement Raymond n'est pas de ceux qui se laissent faire ! Il y a quelqu'un en trop dans ce ministère et il devra partir, foi de Raymond !

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Inutile de chercher à savoir qui je suis. On prétend que ma personnalité est ambiguë et je ne contredirai pas. Pourtant, je suis d’un naturel plutôt gai et enjoué. Alors pourquoi ce besoin de vous entraîner dans mes cauchemars ? Qui sait ? Peut-être pour ne pas m’y enfermer seule.
J’aime écrire. Les mots glissent naturellement sous ma main et je ne les retiens pas que ce soit en prose ou sous forme poétique. Enfin poétique… si on aime les naufrages, les têtes coupées…
Vous avez un imaginaire développé ? Alors ne me lisez surtout pas à la tombée de la nuit, en atmosphère tamisée et feutrée, vous pourriez passer une nuit agitée. Mes univers sont ceux du quotidien pourtant, je vous assure. Mais, comment dire ? Il semblerait qu’à un moment donné, une distorsion particulière nous fasse basculer dans un monde parallèle, un tantinet chaotique…

Parisienne de naissance, j’ai fui la capitale pour une vie plus calme à la campagne, loin du chaos et du bruit.

Voluptueusement lové sur le fauteuil Louis XV tapissé de satin jaune et or, brodé de fleurs multicolores, Raymond ouvrit à demi ses paupières alourdies de fatigue et jeta un regard blasé sur les humains qui s’activaient autour de lui. Ils avaient investi, tôt le matin, le bureau du Ministre, empilant soigneusement des dossiers qu’ils rangeaient ensuite, méticuleusement, dans de gros cartons.

Ce va-et-vient incessant, cette effervescence fiévreuse le dérangeaient considérablement dans sa sieste. Il s’étira, s’arc-bouta sur ses quatre pattes, arrondit le dos avant de sauter lestement sur la moquette moelleuse.

Il daigna, d’un air condescendant, consentir à faire le tour des cartons, frottant consciencieusement son cou à l’un ou l’autre pour bien asseoir son statut de maître des lieux tout en montrant que tout ce remue-ménage ne le concernait qu’à moitié, puis, se drapant dans une dignité toute féline, la queue haute et les oreilles crânement dressées, il sortit à pas comptés.

Oh! Il en avait vécu des déménagements, Raymond. Nombre de Ministres étaient passés dans Son bureau. Comme tous les précédents, celui-là faisait place nette avant l’arrivée du suivant. Il alla chercher refuge dans la cuisine. C’est là qu’il aimait à s’isoler lorsque les humains l’importunaient trop. Il y régnait toujours une douce chaleur et son assiette, toujours soigneusement remplie, l’y attendait dégageant un agréable fumet de viande rôtie ou de poisson grillé.

Après avoir goûté très délicatement quelques bouchées, il alla s’installer, pour méditer tranquillement, près du radiateur (froid car on était au printemps). Un nouvel occupant allait donc arriver incessamment. Il lui faudrait encore éduquer cet intrus. Pourvu que le courant passât entre eux! Et s’il n’aimait pas les chats ?

Raymond était un beau matou, encore alerte pour ses dix ans. Un pur Européen arborant majestueusement son pelage tigré roux et beige dans tous les bureaux du Ministère. De sa mère, il avait hérité un poil plus long et soyeux que celui de ses semblables. Il se laissait volontiers caresser au gré de ses promenades et ne dédaignait pas, à l’occasion, les quelques friandises apportées par l’un ou l’autre des membres du personnel, surtout la gente féminine. Des âmes sensibles ces dames, toujours prêtes à s’extasier sur sa beauté, veillant jalousement à son confort et son bien-être. Mais ses vrais quartiers se situaient dans le bureau même du Ministre. Il y avait Son fauteuil réservé, près de la porte. Parfois, Monsieur le Ministre tolérait même sa présence sur ses genoux. C’était rare, bien sûr, les humains sont toujours si occupés, débordés! La rareté de ces instants intimes les rendait plus appréciables encore.

Comment serait le nouveau? Allons inutile de s’inquiéter, il allait bientôt être fixé. Il sera temps, alors, d’aviser… Il avait toujours réussi, jusqu’à présent, à imposer ses vues. C’est qu’il savait y faire avec les humains: un rien de docilité parfois, de la tendresse à dose mesurée, une pointe de facétie pour la détente et, surtout, beaucoup de persévérance, de patience … et de suite dans les idées! Et ça, Raymond n’en manquait pas !

*****

Raymond pénétra, d’un pas décidé, dans le bureau. Le nouveau était déjà installé, assis derrière le bureau, derrière le bureau, contemplant la pièce d’un air suffisant. Sans s’expliquer pourquoi, d’emblée, il ressentit une aversion terrifiante envers ce bonhomme aux cheveux blanchis, grand et sec. Surtout, cet air austère, ces gros yeux globuleux, exorbités, grossis  derrière des lunettes en écaille, éveillèrent en lui un sentiment de haine. Poussé par la curiosité, il s’enhardit pourtant à lui sentir le bas du pantalon. Horreur! L’antipathie de Raymond décupla d’un coup.

Ca sentait le chien !

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