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Photo de vacances
Auteur : Françoise Bacelon
Date de publication : 03/03/2018
isbn : 978-2-9534938-N-2.108

Quel besoin avait-elle d’ouvrir ce vieil agenda ? Voilà que, maintenant, elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. Cette photo la hantait. Des questions sans réponses. Et son mari qui ne rentrerait que demain !... Cette nouvelle de Françoise Bacelon est un régal que vous ne devez pas manquer. Nouvelles-Fictions – 8 pages – 1 euro 

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Pratiquant l’Ikebana, Françoise a souhaité créer ses propres vases et s’est inscrite dans un atelier de terre. Lors d’une exposition, elle a utilisé des cageots vides pour exposer ses œuvres.
« J’ai pensé à ce moment-là que ces cageots avaient la chance de vivre une seconde fois. Et, tout naturellement, je me suis dit qu’un jour j’écrirais la biographie d’un cageot… L’idée de faire parler ceux qui n’ont pas la parole était née.
Une de mes amies m’ayant dit qu’elle aimait à me lire, je me suis, quelques années plus tard, lancée dans l’aventure de la page blanche. Ainsi est né mon premier texte.
J’ai tout de suite aimé donner vie à des objets, par essence sans spiritualité. Mais non sans âme…
Peut-être une manière de transcender le quotidien… »

Née sous le signe de la lune dans Paris libéré, je me suis toujours intéressée aux arts, même sous leurs aspects les plus divers.
C’est curieusement l’art floral japonais, l’Ikebana, qui m’a amenée à l’écriture par des chemins, oh combien, détournés.
Pratiquant cette discipline depuis plus de trente ans maintenant, j’ai eu l’envie, il y a environ 10 ans, de fabriquer mes propres vases. Je me suis donc inscrite à un atelier de terre. Ma production semblant avoir quelque intérêt aux yeux de mon professeur, j’ai organisé une exposition de mes travaux pour laquelle j’ai utilisé des cageots vides de fruits et de légumes comme supports à mes œuvres.

Le radio réveil indiquait 2h50. Marie s’était couchée aux environs de minuit mais n’avait pas réussi à s’endormir. La brise marine n’empêchait pas l’air de la nuit d’être gavé de la chaleur de la journée, mais la température n’était pour rien dans son insomnie. Depuis sa découverte, en début d’après-midi, les questions tournaient en boucle et ne lui laissaient aucun répit. A croire que son cerveau était devenu autonome et que rien ne semblait pouvoir arrêter ses interrogations.

Elle se leva pour aller chercher un verre de lait dans la cuisine et revint le boire à petites gorgées tout en regardant par la fenêtre. Tout était silencieux dehors et il n’y avait âme qui vive. Juste un chat errant qui cherchait probablement sa pitance. Une fois son verre vide, elle envisagea de se recoucher, mais s’aperçut bien vite qu’elle n’arriverait jamais à s’endormir. Elle passa une robe d’été, enfila une paire de sandales, glissa son téléphone, son paquet de cigarettes et un briquet dans une pochette et claqua la porte derrière elle.

Une fois la rue traversée et la dizaine de marches en bois descendue, elle ôta ses sandales. Sous ses pieds, le sable était encore tiède et elle prit du plaisir à glisser ses orteils dans ses grains fins et blancs. Il lui sembla que cette caresse lui apportait un peu du calme dont elle manquait depuis plusieurs heures. La nuit était claire. La lune projetait sa lumière livide mêlée à celle dorée des lampadaires de la rue. Elle se dirigea vers l’eau dans laquelle elle trempa ses pieds et commença à longer la plage. La mer ronronnait en vagues mousseuses qui léchaient le bas de sa robe. Elle alluma une cigarette qui fit éclater un point incandescent dans cet espace désert.

Le léger vent apportait le cliquetis du mât des bateaux de plaisance dans le port qui résonnait comme un bruit de clochette. L’eau au-dessus des chevilles, elle entrevoyait enfin ce qu’elle n’avait pu faire depuis sa découverte. Réfléchir.

« Je t’envoi ma photo que maman a pris la semaine dernière au bort de la mer. Je pense bien a toi. Je t’embrasse, maman aussi.
Tom ».

Ces lignes elle les connaissait par cœur. Au dos d’une photo de vacances en couleurs sur laquelle on voyait un enfant de 6 ou 7 ans jouant sur le sable au bord de la mer.


Et depuis ce matin, elle échafaudait des hypothèses, toutes plus douloureuses les unes que les autres.
 

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