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L’appartement voisin
Auteur : Cary Devilseyes
Date de publication : 16/10/2007
isbn : 978-2-9534938-N-2.002

Je ne saurais trop vous recommander de vous méfier des histoires de Cary Devilseyes. Tout se présente sous les meilleurs auspices pour cette soirée costumée entre amis. L’ambiance y est, les costumes sont originaux. Les uns et les autres mettent facilement la main à la pâte pour préparer le repas. Bref tout va bien. Mais il faut que notre auteur s’en mêle ! Elle a la particularité, à partir de situations somme toute banales, de vous plonger dans des atmosphères troubles, étouffantes, des univers torturés dans lesquels les imaginatifs pourront retrouver tous leurs tourments. Sans parler réellement de textes d’horreur, on frissonne facilement à la lecture de ces histoires partant souvent de situations banales, ordinaires, pour se terminer en drame.

Il en est ainsi de cette soirée costumée entre amis qui se termine d’une manière totalement inattendue.

Remarques : Illustration de la couverture : Bertrand Créac'h

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Inutile de chercher à savoir qui je suis. On prétend que ma personnalité est ambiguë et je ne contredirai pas. Pourtant, je suis d’un naturel plutôt gai et enjoué. Alors pourquoi ce besoin de vous entraîner dans mes cauchemars ? Qui sait ? Peut-être pour ne pas m’y enfermer seule.
J’aime écrire. Les mots glissent naturellement sous ma main et je ne les retiens pas que ce soit en prose ou sous forme poétique. Enfin poétique… si on aime les naufrages, les têtes coupées…
Vous avez un imaginaire développé ? Alors ne me lisez surtout pas à la tombée de la nuit, en atmosphère tamisée et feutrée, vous pourriez passer une nuit agitée. Mes univers sont ceux du quotidien pourtant, je vous assure. Mais, comment dire ? Il semblerait qu’à un moment donné, une distorsion particulière nous fasse basculer dans un monde parallèle, un tantinet chaotique…

Parisienne de naissance, j’ai fui la capitale pour une vie plus calme à la campagne, loin du chaos et du bruit.

Ouf ! Quelle circulation dans Paris en cette soirée de carnaval. Ils sont enfin arrivés. Josiane s’appuie sur une porte palière, laissant à Bertrand le soin de sonner chez Basile. Elle sent la porte céder sous sa poussée. Vite, confuse, elle la referme.

Une sensation de malaise indéfinissable la submerge, persistante. Même la vue du fluet Basile, irrésistible dans sa tenue de Tarzan, ne parvient pas à la dérider complètement.

"C’est bizarre, la porte de tes voisins n’est pas fermée. J’ai failli tomber en m’appuyant dessus."
Basile émet un ha ! sceptique, jette un coup d’œil furtif sur la serrure puis les fait entrer avec un haussement d’épaules.

La fête bat son plein. Tout le monde est là. Chaque arrivée fut l’occasion d’embrassades, d’exclamations amusées, de rires, de questions voire de moqueries devant les déguisements soigneusement choisis. Les apéritifs circulent d’un groupe à l’autre. Les conversations disparates et amicales, entrecoupées de plaisanteries et de bonne humeur, montent en un joyeux brouhaha.

Antony et Sylvie s’affairent à la cuisine, préparant salades et hors d’œuvre, lorsqu’ils sont surpris par des bruits effroyables de vaisselle cassée provenant du mur mitoyen. Un instant interloqués, ils se dévisagent et pouffent de rire, imaginant la scène de ménage à l’origine de cette avalanche d’assiettes.
"Eh bien, il y a de l’ambiance à côté" lance Antony en se saisissant d’un immense saladier rempli à ras bord.

Josiane est songeuse, le malaise indéfinissable qui s’était emparé d’elle à l’arrivée s’est un peu dissipé, mais elle se sent oppressée. Debout près de la baie vitrée, elle observe l’assistance. Ils forment vraiment une bonne bande de copains, tous. Le groupe organise des soirées à peu près une fois par mois, sans raison particulière, pour le seul plaisir de se réunir, de discuter, d’écouter de la musique, de danser même. Généralement, ils se retrouvent dans le pavillon de Josiane, le sous- sol offrant un magnifique espace. Mais en cette période de vacances, elle héberge quelques membres de sa famille, de passage à Paris. Basile a donc proposé son logement : un grand deux pièces agréable, meublé sobrement. Tout le monde a réussi à se caser, qui par terre près du canapé, qui sur des chaises amenées par les uns et les autres. Le carnaval sert de prétexte à cette soirée déguisée. Stéphane, transformé en crapaud, fait le pitre au milieu de la pièce. A genoux sur la moquette aux pieds de Margareth, en princesse, il fait rire tout le monde aux larmes en la suppliant (en alexandrins s’il vous plaît) de lui accorder un baiser.

Partie chercher des glaçons dans la cuisine, Josiane entend des appels d’enfant en passant devant la porte d’entrée. Le malaise qui l’avait envahie tout à l’heure revient d’un coup. L’enfant semble trépigner sur le palier mais la jeune femme, quoique troublée, n’y prête qu’une attention toute relative. De retour avec les glaçons, elle entend nettement un hurlement horrifié suivi d’un bruit de course et le
claquement d’une porte. Josiane n’y tient plus.
"Basile, crie-t-elle, on dirait qu’il se passe quelque chose d’anormal chez tes voisins"

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