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Journal - extraits
Auteur : Françoise Bacelon
Date de publication : 28/10/2017
isbn : 978-2-9534938-N-2.105

Quand l’heure est venue de régler une succession, c’est tout un ensemble de sensations diverses qui nous assaillent avec les démarches à entreprendre, l’inventaire, etc… Le personnage de Françoise Bacelon nous plonge dans ses pensées les plus intimes à ce moment de sa vie sous forme d’extraits de son journal intime. Un beau texte, très riche. 12 pages – Nouvelles/fictions – 1,00 euro 

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Pratiquant l’Ikebana, Françoise a souhaité créer ses propres vases et s’est inscrite dans un atelier de terre. Lors d’une exposition, elle a utilisé des cageots vides pour exposer ses œuvres.
« J’ai pensé à ce moment-là que ces cageots avaient la chance de vivre une seconde fois. Et, tout naturellement, je me suis dit qu’un jour j’écrirais la biographie d’un cageot… L’idée de faire parler ceux qui n’ont pas la parole était née.
Une de mes amies m’ayant dit qu’elle aimait à me lire, je me suis, quelques années plus tard, lancée dans l’aventure de la page blanche. Ainsi est né mon premier texte.
J’ai tout de suite aimé donner vie à des objets, par essence sans spiritualité. Mais non sans âme…
Peut-être une manière de transcender le quotidien… »

Née sous le signe de la lune dans Paris libéré, je me suis toujours intéressée aux arts, même sous leurs aspects les plus divers.
C’est curieusement l’art floral japonais, l’Ikebana, qui m’a amenée à l’écriture par des chemins, oh combien, détournés.
Pratiquant cette discipline depuis plus de trente ans maintenant, j’ai eu l’envie, il y a environ 10 ans, de fabriquer mes propres vases. Je me suis donc inscrite à un atelier de terre. Ma production semblant avoir quelque intérêt aux yeux de mon professeur, j’ai organisé une exposition de mes travaux pour laquelle j’ai utilisé des cageots vides de fruits et de légumes comme supports à mes œuvres.

Depuis quelque temps, Françoise s’est lancée dans les nouvelles plus psychologiques, cherchant à sonder l’âme de ses personnages et elle y parvient avec bonheur. Un changement de genre qui lui convient bien et qui reflète tout son talent d’écrivain.
 

VENDREDI 20 MAI

Maintenant que les festivités (si j’ose dire…) sont terminées et que chacun est reparti chez soi, j’ai décidé d’aller demain à l’appartement de ma mère pour en commencer l’inventaire.

SAMEDI 21 MAI

J’ai proposé à Marie de me retrouver là-bas mais elle a décliné mon offre. Elle a, dit-elle, un rendez-vous qu’elle ne peut pas remettre.
Elle ira une autre fois. Julia a proposé de m’accompagner. J’ai accepté sa proposition avec gratitude.

Arrivés devant l’immeuble, j’ai levé le nez pour voir si la façade a changé depuis les nombreuses années que je ne suis pas venu. Pas grand-chose de nouveau. Il semble - mais mes souvenirs sont tellement lointains ! – que la couleur des volets n’est plus la même. Ils sont verts, je les voyais marron foncé. Peut-être y a t-il eu un ravalement ? A moins que ma mémoire me trahisse…

Les escaliers sont toujours aussi raides et je me demande comment ma mère a pu hisser ses courses jusqu’au troisième étage pendant toutes ces années. A moins qu’elle se soit fait livrer ce dont je doute.
Sa suspicion maladive l’a probablement amenée à limiter l’intrusion d’autrui chez elle. De plus il lui aurait fallu un ordinateur. En avait-elle un ? J’avoue ne pas le savoir.

Je me rends compte que je suis incapable de répondre aux questions les plus simples sur la vie de ma mère. Il faut dire que près de vingt années se sont écoulées depuis mon départ et que nous nous sommes très rarement revus. La dernière fois, c’est lors de l’enterrement de mon père il y a neuf ans, pour lequel j’avais fait le voyage dans la journée.

Il m’a semblé, sur le palier, retrouver la même odeur que lorsque j’étais jeune. Une odeur douceâtre, un peu écœurante. C’est probablement mon imagination qui me joue des tours. Pourtant, cette odeur, je la reconnaîtrais entre mille. Celle de la voisine et de son parfum bon marché. Vit-elle encore ? Je ne me rappelle pas l’avoir vue à l’enterrement.

La porte ouverte, je me suis précipité sur la fenêtre du salon pour, comme lorsque j’étais enfant, regarder le paysage de l’autre côté de la rue. Aujourd’hui la bruine rend tout fantomatique, mais j’ai bien distingué la cour de l’école primaire où je suis allé en classe.

J’avais pris l’habitude tous les midis de regarder par cette fenêtre mes copains jouer dans la cour après la cantine alors que, …
 

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