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PASSAGE 18
Auteur : Melrika Roffray
Date de publication : 12/08/2017
isbn : 978-2-9534938-N-2.103

Une nouvelle de Melrika Roffray, très romantique. Plus personne ne sait pourquoi ce passage porte le numéro 18. Il a échoué là après un parcours difficile. Chaque soir, avant la fermeture des grilles, il va se cacher pour passer la nuit dans ce lieu tranquille, où personne ne viendra le déranger. Elle le regarde, de sa fenêtre et cet homme l’intrigue. Mais on n’aborde pas un inconnu dans son monde. Que leur réserve la main du destin ? Nouvelles/Fictions - 11 pages - 1,00 euro 

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Ah ! Melrika ! C’est la douceur, la tendresse, l’émotivité exacerbée. Ses nouvelles sont un régal entre légendes inventées, contes médiévaux, histoires mélancoliques. Un mot peut éveiller en elle tout un univers qu’elle pose sur le papier avec beaucoup d’émotion. Ce fut le cas pour la nouvelle « la tristesse d’Henri », née du mot LIT. Son imagination lui inspire souvent des œuvres presque magiques, inspirées de croyances et de superstitions populaires.
Vous n’hésiterez pas à la suivre sur les traces de cette louve si humaine, ou dans ses poèmes d’une infinie tendresse.
Ses articles (rares) sont une découverte par leur style fluide, leur approche approfondie et l’objet de ses recherches.
 

Il y avait dans ce quartier un lieu que tous appelaient autrefois passage 18 et qui, du coup, portait aujourd’hui ce nom. Pourquoi ? La mémoire s’était perdue au fil du temps. Certains prétendaient que plusieurs passages existaient sur ce boulevard alors et que celui-ci était le 18ème. D’autres assuraient que ces passages étaient des impasses situées entre deux groupes de maisons et que celle-ci se situait au numéro 18. Mais personne n’aurait pu vraiment l’affirmer. Le nom était resté car le lieu perdurait, contrairement aux autres qui avaient disparu au fil du temps, absorbés par de nouveaux plans d’urbanisme.
Le passage s’ouvrait sur le boulevard grâce à deux grandes grilles en fer forgé, gardées par des Amours jouant de la trompette. C’était un peu vieillot, certes, et ce côté désuet plaisait par le dépaysement qu’on y ressentait. Des boutiques s’étiraient le long de la ruelle. Si certaines, assez récentes, avaient adopté le modernisme décoratif des magasins de la ville, d’autres, au contraire, avaient opté pour le maintien d’une époque révolue. On y trouvait de tout, des livres, des disques (même des 78 tours !), des bijoux fantaisie, des jouets en bois, de la lingerie fine, de la porcelaine, des luminaires… Très fréquenté dans la journée, le passage s’endormait le soir bien à l’abri derrière ses hautes grilles. Le silence s’installait alors jusqu’au matin, offrant un havre de paix aux habitants du lieu.
Il avait découvert ce passage par hasard, au cours de ses errances pour trouver un lieu où se poser. La journée, il se faisait discret, laissant l’endroit pour aller traîner ses guêtres sur les pavés de la ville dans l’espoir de grappiller quelques sous, histoire de s’offrir un en-cas voire, les bons jours, un vrai repas. Le soir venu, il revenait en catimini. Il avait trouvé un porche ouvert en permanence qui donnait sur une petite cour intérieure. Là, un escalier menait à quelques caves. Il s’y cachait attendant la nuit et la fermeture des grilles d’une ponctualité exemplaire : 19H00 l’hiver, 21h00 l’été. C’est alors que son aventure commençait. Une fois le silence installé, il sortait de son trou et déambulait dans le sanctuaire, admirant les vitrines, inventant des cadeaux à faire ou à venir.
Ce qui le passionnait le plus, c’était la librairie. On y trouvait toutes sortes d’ouvrages anciens, aux reliures décorées à l’or fin, ou aux couvertures en cuir tels qu’on les faisait autrefois. Les titres le transportaient dans d’autres mondes. Il passait des heures à les lire, recréant des histoires derrière chacun. Il s’imaginait caressant les couvertures, dessinant avec ses doigts les lettres d’or, s’imprégnant de l’odeur âcre des vieux papiers. L’autre boutique qu’il appréciait particulièrement était, bien évidemment, celle des disques. Les CD et DVD ne l’intéressaient pas. Non ! Les vinyles ! Ça c’était du disque ! Il se souvenait avoir dansé sur ces musiques-là, dans sa jeunesse. Ah ! c’était le bon temps, celui de l’insouciance, où l’avenir ne comptait pas, juste l’instant présent, les copains, les sorties en bande, les boîtes de nuit le week-end, les filles qu’on enlaçait dans des slows langoureux… Oui, c’était le bon temps. Maintenant, il en était réduit à mendier, à se cacher pour pouvoir dormir dans un lieu tranquille… Enfin il terminait généralement sa visite par le magasin de porcelaine. Il n’aurait su dire pourquoi cela l’attirait. Les belles assiettes, les beaux verres en cristal scintillants, les couverts ciselés, tout cela le faisait rêver à une époque qu’il n’avait même pas connue. Il imaginait des salons illuminés de lustres en bronze, des dames en crinoline, et des tables surchargées de victuailles autour desquelles la belle société se pressait. Et cela le faisait rêver, le nourrissait presque quand son ventre hurlait famine les mauvais jours de mendicité.
Contrairement à ce qu’il pensait, sa présence, la nuit, n’était pas passée inaperçue pour tout le monde. Une habitante l’avait remarqué. Elle n’en avait parlé à personne, gardant pour elle ce secret. L’homme l’intriguait. Souvent, elle se mettait à la fenêtre, dans la pénombre pour le regarder déambuler dans le passage. Elle le voyait s’arrêter devant certaines boutiques et tentaient de comprendre ce qu’il recherchait. Il n’avait pas l’air d’un voyou, il ne semblait pas vouloir voler quoi que ce soit. Alors ? Qui était-il ? Quel accident de la vie avait pu le mener ici ? A quoi pensait-il devant ces vitrines alléchantes ? Cela l’intriguait, mais son éducation bourgeoise l’empêchait de descendre lui parler. “On n’adresse pas la parole à des inconnus comme ça, ma fille, il faut être présenté !“ lui répétait sans cesse sa mère. Pauvre femme, si elle était encore de ce monde, elle serait certainement horrifiée par l’attitude de la jeunesse actuelle. Il fallait les voir, ces godelureaux s’embrasser à pleine bouche dans la rue, se tenir bras dessus, bras dessous au vu de tous, rire bruyamment, s’insulter tout aussi bruyamment, fumer, se droguer même ! Ah ! les temps avaient bien changé !
Cet homme l’intriguait de plus en plus. Il se cachait, elle le savait, avant la fermeture des grilles, mais elle n’avait pas trouvé où. Un jour, elle eut besoin de descendre dans sa cave où elle avait entreposé de vieux papiers de famille, des vêtements démodés et autres bricoles dont elle ne se servait pas, mais que, dans un esprit d’économie...
 

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