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La rencontre
Auteur : Melrika Roffray
Date de publication : 07/05/2016
isbn : 978-2-9534938-N-2.097

Voilà plusieurs mois maintenant qu’ils se parlent sur internet. Leur amitié a insensiblement glissé vers quelque chose de plus intime. Mais passer du virtuel au réel est une étape complexe. Ils se préparent, chacun de leur côté, à cette première rencontre et Melrika Roffray, avec sa délicatesse habituelle, nous fait partager leurs préparatifs. Nouvelles/Fictions – 1,00 euro – 5 pages

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Ah ! Melrika ! C’est la douceur, la tendresse, l’émotivité exacerbée. Ses nouvelles sont un régal entre légendes inventées, contes médiévaux, histoires mélancoliques. Un mot peut éveiller en elle tout un univers qu’elle pose sur le papier avec beaucoup d’émotion. Ce fut le cas pour la nouvelle « la tristesse d’Henri », née du mot LIT. Son imagination lui inspire souvent des œuvres presque magiques, inspirées de croyances et de superstitions populaires.

Vous n’hésiterez pas à la suivre sur les traces de cette louve si humaine, ou dans ses poèmes d’une infinie tendresse.

Ses articles (rares) sont une découverte par leur style fluide, leur approche approfondie et l’objet de ses recherches.
 

Elle a mis un peu de bleu aux yeux, du rouge sur ses lèvres, du fard sur ses joues et enfilé un tailleur qui, pensait-elle, la mettrait en valeur. Son cœur battait plus vite qu’à l’ordinaire. Elle voulait paraître à son avantage, gommer le poids des ans. Le miroir de l’armoire lui renvoya une image qui la plongea dans une profonde réflexion. Elle se vit différente. L’image n’était pas mal, mais… ce n’était pas elle. C’était une autre. Qui voulait-elle tromper ainsi ? Elle ou l’autre ? Ce reflet ne lui correspondait pas. Déjà, elle commençait à se sentir mal à l’aise. La veste la serrait aux épaules, la jupe lui entaillait le ventre, les talons hauts lui faisaient déjà mal aux pieds. Non ! Décidément, non ! Ce n’était pas elle, cette femme qu’elle voyait là, en tailleur, perchée et maquillée.

Internet, elle s’y était intéressée, poussée par ses enfants. Partis loin, ils lui avaient expliqué qu’ils pourraient ainsi communiquer plus facilement et à moindre coût. Son fils lui avait offert un ordinateur portable, simple d’utilisation ; sa fille l’avait aidée à créer son profil, montré les bases de la “navigation sur la toile“. Le reste, elle l’apprenait à mesure qu’elle progressait dans les méandres des réseaux sociaux. Désormais, elle trouvait les heures moins longues, discutant, lisant, partageant idées, photos, illustrations, rires et larmes. Sa solitude était devenue moins pesante. Elle s’amusait bien finalement. Les réticences du début avaient peu à peu fait place à une sorte d’euphorie, de besoin journalier de se connecter, de lire ses messages, répondre, visiter les différents groupes auxquels elle avait adhéré.

Après le décès de son mari, son univers s’était vidé d’un coup. Les enfants avaient leur vie et elle se retrouvait seule avant même d’atteindre la soixantaine. Elle s’était installée dans une petite routine insipide, avait fermé la porte des projets. En clair, elle vivotait au jour le jour, sans but précis, sans espoir, avec des souvenirs pour seuls compagnons et personne avec qui en parler. L’arrivée d’internet dans sa vie avait chamboulé tout ça. Elle découvrait un monde parallèle avec ses bons et ses mauvais côtés, ses pièges, ses petites joies partagées. Et IL était apparu.

Cela faisait des mois, aujourd’hui, qu’ils discutaient chaque jour, des heures durant. Cela avait commencé doucement. Quelques blagues échangées, quelques commentaires sur les mêmes photos, les mêmes débats. Un jour, il lui avait envoyé une demande d’amis. Elle avait hésité, dans un premier temps. Il y a tant de pervers sur le web, qu’il faut se méfier. Finalement, après avoir étudié son profil, elle avait accepté. Après tout, tant qu’elle restait derrière son écran, sans trop se dévoiler, elle n’avait pas grand-chose à craindre. Il avait l’air sympathique, leurs centres d’intérêt se rejoignaient dans bien des domaines. Et leurs échanges secrets avaient débuté, laconiques dans un premier temps : bonjour, comment allez-vous, avez-vous vu la photo mise par untel, etc. Du vous on était passé au tu, puis aux discussions plus intimes. Il lui avait raconté sa vie, elle la sienne. Leurs parcours, étrangement, se rejoignaient. Il était veuf aussi, avait deux enfants aussi, s’était installé dans sa solitude comme une fin en soi jusqu’à la découverte d’internet. Enfin, de l’intime ils étaient, presque naturellement, passés au sensuel, exprimant avec délicatesse et à demi-mots…
 

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