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A travers bois
Auteur : Clément Bellegarde
Date de publication : 06/02/2015
isbn : 978-2-9534938-N-2.080

Plume Direct vous propose un auteur haïtien Clément Bellegarde qui vous entraîne dans une promenade charmante. Ecrite dans le plus pur style du début du XXe siècle, cette nouvelle est un modèle de ce que la littérature haïtienne a pu produire.
Les Gratuits – 5 pages

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Clément Bellegarde : Né le 28 octobre 1898 à Port-au-Prince, il enseignait en tant que professeur d’histoire et de géographie au Lycée Petion, là où il avait fait ses études.
Instructeur de la compagnie d’élite sous les ordres de l’officier français A. Giloz, il lui succéda au grade de 1er Capitaine.
Mort le 28 juillet 1907, à l’âge de 29 ans, Clément Bellegarde laisse des chroniques et des nouvelles passionnantes publiées dans La Ronde.

Cette nouvelle, écrite le 26 juillet 1900, fut publiée dans La Ronde N° 12 du 15 août 1901.

Elle était belle, Georgette. La couronne de roses que seize printemps tressent pour les jeunes filles s’épanouissait sur son front comme une auréole, et son visage rayonnait sous le double reflet de son innocence et de sa beauté.
Nous suivîmes un étroit sentier, bordé de ronces grimpantes qui s’accrochaient aux frêles rameaux des pois-puants et présentaient aux promeneurs leurs dards menaçants. Tout dans la campagne nous était sujet à surprise : les vols ardoisés d’ortolans, les alarmes aigues des oiseaux palmistes et des tourterelles blanches qu’épouvantait notre approche, - La vue des choses les plus banales lui arrachait des cris d’enthousiaste admiration : “Tiens, une libellule ! comme elle est belle avec ses ailes diaphanes !... Et ce grand amandier en fleurs !... Oh ! Monsieur André, regardez, regardez !...“ Et son doigt rose me désigna un buisson embroussaillé où des lianes grêles s’entrelaçaient à la façon d’une maille.

Un gentil petit oiseau, un kitt au plumage noir balafré de raies jaune intense, se démenait de toutes ses forces pour se délivrer des liens qui retenaient les mouvements de ses ailes en éventail.
Une lueur d’envie brilla dans les yeux de Georgette.
- Ce sera, mademoiselle, le prix de notre excursion, si vous le voulez.
Je me précipitai avec elle vers l’objet de son innocente convoitise. Il nous fallait traverser un ruisseau : elle souleva, dans un mouvement gracieux, sa blanche robe et me laissa voir un pied mignon qui effleura la surface limpide de l’eau comme la libellule de sa queue flexible. Je m’avançai doucement, doucement, pour ne pas exciter chez la petite bête un mouvement trop brusque qui lui rendit la liberté. Nous en étions à deux pas quand j’allongeai le bras avec lenteur, endormant ma respiration dans ma poitrine. Au moment où, réunissant dans un effort désespéré toute la vigueur qu’une lassitude entretenue ne pouvait encore vaincre, l’oiseau allait se dégager du lacis que la nature lui avait inconsciemment tendu, je fermai les doigts ; au même instant, la main crispée de la jeune fille se fixa à mon épaule comme un crampon de fer, et son corps, secoué par la convulsion, s’abattit lourdement sur mon bras gauche.

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