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Projections privées
Auteur : Françoise Bacelon
Date de publication : 20/01/2015
isbn : 978-2-9534938-N-2.079

Nouvelle de Françoise Bacelon : Max tarde à sortir de la salle de cinéma. Ce film qu’il a vu et revu un nombre incalculable de fois remue tant de souvenirs en lui. Une nouvelle émouvante, écrite avec tout le talent dont Françoise sait faire preuve. 7 pages – Nouvelles/Fictions 

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Pratiquant l’Ikebana, Françoise a souhaité créer ses propres vases et s’est inscrite dans un atelier de terre. Lors d’une exposition, elle a utilisé des cageots vides pour exposer ses œuvres.
« J’ai pensé à ce moment-là que ces cageots avaient la chance de vivre une seconde fois. Et, tout naturellement, je me suis dit qu’un jour j’écrirais la biographie d’un cageot… L’idée de faire parler ceux qui n’ont pas la parole était née.
Une de mes amies m’ayant dit qu’elle aimait à me lire, je me suis, quelques années plus tard, lancée dans l’aventure de la page blanche. Ainsi est né mon premier texte.
J’ai tout de suite aimé donner vie à des objets, par essence sans spiritualité. Mais non sans âme…
Peut-être une manière de transcender le quotidien… »

Née sous le signe de la lune dans Paris libéré, je me suis toujours intéressée aux arts, même sous leurs aspects les plus divers.
C’est curieusement l’art floral japonais, l’Ikebana, qui m’a amenée à l’écriture par des chemins, oh combien, détournés.
Pratiquant cette discipline depuis plus de trente ans maintenant, j’ai eu l’envie, il y a environ 10 ans, de fabriquer mes propres vases. Je me suis donc inscrite à un atelier de terre. Ma production semblant avoir quelque intérêt aux yeux de mon professeur, j’ai organisé une exposition de mes travaux pour laquelle j’ai utilisé des cageots vides de fruits et de légumes comme supports à mes œuvres.
 

Les dernières mesures des pleurs d’un violon accompagnaient les lettres du mot « fin » qu’une main invisible traçait en pleins et déliés noirs sur l’écran vide. La dernière note évanouie et le silence revenu, les éclairages de la salle retrouvèrent peu à peu leur intensité pendant que les quelques dizaines de spectateurs présents quittaient les lieux silencieusement, les yeux rougis d’émotion non contenue.

Seul Max, resté assis sur son siège, le regard perdu, semblait attendre une suite à l’histoire qui pourrait se dérouler derrière l’écran. Il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre pied dans la réalité et abandonner son fauteuil. Il sortit de la salle, lentement, le regard embué, son esprit vagabondant vingt années en arrière. Il venait de revoir ce film pour la trentième ou quarantième fois et il savait déjà que la prochaine fois qu’il serait projeté, il retournerait le voir si la distance le lui permettait. Il retournerait le voir, comme tous les autres d’ailleurs. Les onze autres que Marie avait tournés pendant leur vie commune. Il les avait tous achetés en DVD mais n’avait jamais pu les regarder seul chez lui. Il avait besoin des salles obscures, de la présence des autres spectateurs, de palper leur émotion au travers d’un reniflement, d’un rire contenu, d’un mouvement sur un siège. Il n’était jamais aussi heureux qu’au milieu de ces gens qui, comme lui, venaient pour elle.

Au-delà de la communion qu’il ressentait, il aimait aussi -surtout- retrouver Marie en grandeur presque nature et non pas minuscule dans son poste de télévision. Avoir l’impression de toucher la soierie de ses robes qu’il avait caressées, troublé à chaque fois de la voir si belle dans ces tenues confectionnées pour elle.

Elle prenait une telle réalité, redevenait tellement vivante, qu’à chaque fin de film, il lui semblait la perdre à nouveau. Il avait alors besoin de quelques minutes douloureuses pour reprendre pied, se réapproprier sa vie actuelle. Malgré ces moments difficiles qui le laissaient avec un grand sentiment de tristesse et d’abandon, il n’imaginait pas renoncer à ces séances qui nourrissaient sa vie.
 

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