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Ion
Auteur : Platon
Date de publication : 10/10/2014
isbn : 978-2-9534938-Th-10.009

Socrate enquête sur les poètes, dans cette pièce de Platon, et veut prouver que le poète n’est point guidé par la science, mais par une sorte d’instinct, par une inspiration divine. Selon lui, les poètes, de par leur talent poétique, se croient les plus sages des hommes alors qu’ils ne le sont pas du tout. Platon met ici en face à face Socrate avec Ion, reconnu le plus grand poète de toute la Grèce pour sa connaissance sur Homère. Un dialogue savoureux. 32 pages. Gratuits.

Remarques : Pour des raisons techniques, la mise en page de l'extrait diffère de celle du document.

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Né en - 428, - 427 environ à Athènes, dans une famille de haute naissance, Platon a reçue une éducation très soignée, dans le respect de la religion. Il pratiqua la gymnastique et la musique comme tout bon Athénien, et probablement le dessin et la peinture. Initié à la philosophie, il montra des dons pour la poésie et écrivit même des tragédies, des poèmes lyriques, des dithyrambes.


Vers l’âge de 20 ans, il rencontra Socrate et s’adonna exclusivement à la philosophie. Un temps tenté par la politique, il voulait s’attacher à développer une prise de conscience individuelle pour améliorer la vie de la cité. Ecoeuré par les réalités politiques et l’arrestation puis la mort de Socrate, il se consacra ensuite exclusivement à la philosophie, prenant conscience que le philosophe ne pouvait faire évoluer les choses.


Il créa une école à Acadamos, école qui prit le nom d’Académie de Platon.


Il mourut vers – 347, - 346, laissant l’école entre les mains de Speusippe, auquel succéda, après sa mort, Xénocrate, l’un de ses disciples. Notons qu’Aristote fut aussi disciple de Platon.

Socrate

Quand on a embrassé n’importe quel art dans son ensemble, est-ce que la même méthode ne sert pas à juger de tous les arts ? Ce que j’entends par là, veux-tu le savoir, Ion ?

Ion
Oui, par Zeus, je le veux ; car j’aime à vous entendre, vous autres savants.

Socrate
Si seulement tu disais vrai, Ion ! mais les savants, c’est vous, les rhapsodes, les acteurs, et ceux dont vous chantez les poèmes ; moi, je ne sais que dire la vérité, comme il convient à un profane. Par exemple, à propos de la question que je viens de te faire, considère comme c’est simple, vulgaire, à la portée d’un chacun, de connaître ce que je disais, que la même méthode sert à juger de tout, quand on embrasse un art dans son ensemble. Faisons de ce point l’objet de notre discours ; il y a bien un art général de la peinture ?

Ion
Oui.

Socrate
Il y a et il y a eu, n’est-ce pas, beaucoup de peintres, bons et mauvais ?

Ion
Assurément.

Socrate
Or as-tu déjà vu un homme qui soit capable de faire voir chez Polygnote , fils d’Aglaophon, ce qui est bien peint et ce qui ne l’est pas, et qui en soit incapable pour les autres peintres, et qui, mis en présence des ouvrages des autres peintres, s’endorme, soit embarrassé et ne puisse contribuer à la conversation, et qui, au contraire, quand il faut donner son avis sur Polygnote ou tel autre peintre unique que tu voudras, s’éveille, s’intéresse à l’entretien et sente affluer les idées ?

Ion
Non, par Zeus, non.

Socrate
Et en sculpture, as-tu déjà vu un homme qui soit capable de détailler les qualités de Dédale, fils de Métion, d’Epéos , fils de Panopeus, de Théodore de Samos , ou de quelque autre sculpteur particulier, et qui, à propos des œuvres des autres sculpteurs, soit embarrassé, s’endorme et ne sache que dire ?

Ion
Non, par Zeus, je n’en ai pas vu non plus.

Socrate
Poursuivons : dans l’art de jouer de la flûte ou de la cithare, ou de chanter en s’accompagnant de la cithare, ou de réciter des vers, tu n’as jamais vu non plus, je pense, un homme qui soit capable de discuter sur Olympos , ou Thamyras , ou Orphée , ou Phémios, le rhapsode d’Ithaque, et qui, à propos d’Ion d’Ephèse, soit embarrassé et ne sache que dire sur ses qualités ou ses défauts de rhapsode ?

Ion
Je n’ai rien à dire là contre, Socrate ; mais s’il est une chose dont j’ai conscience, c’est que personne au monde ne parle d’Homère aussi bien que moi, que j’en parle d’abondance, et que tout le monde reconnaît que j’en parle bien, tandis que je n’ai rien à dire des autres. Vois donc quelle en peut être la cause.

- V –

Socrate
Je vois, Ion, et je vais te faire voir ce que c’est, à mon avis. C’est que ce don que tu as de bien parler d’Homère n’est pas, je le disais tout à l’heure, un art, mais une vertu divine, qui te meut, semblable à celle de la pierre qu’Euripide appelle pierre de Magnésie, mais que la plupart appellent pierre d’Héraclée. Et en effet cette pierre non seulement attire les anneaux de fer, mais encore elle leur communique sa vertu, de sorte qu’ils peuvent faire ce que fait la pierre, attirer d’autres anneaux, si bien que parfois on voit pendre, attachés les uns aux autres, une longue suite d’anneaux de fer, et tous tirent leur pouvoir de cette pierre. C’est ainsi que la Muse inspire elle-même les poètes, et, ceux-ci transmettant l’inspiration à d’autres, il se forme une chaîne d’inspirés. Ce n’est pas un effet par art, mais par inspiration et suggestion divine que tous les grands poètes épiques composent tous ces beaux poèmes ; et les grands poètes lyriques de même. Comme les Corybantes ne dansent que lorsqu’ils sont hors d’eux-mêmes, ainsi les poètes lyriques ne sont pas en possession d’eux-mêmes quand ils composent ces beaux chants que l’on connaît ; mais quand une fois ils sont entrés dans le mouvement de la musique et du rythme, ils sont transportés et possédés comme les bacchantes, qui puisent aux fleuves le lait et le miel sous l’influence de la possession, mais non quand elles sont de sang-froid. C’est le même délire qui agit dans l’âme des poètes lyriques

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