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Ras le bol
Auteur : Melrika Roffray
Date de publication : 16/09/2014
isbn : 978-2-9534938-N-2.075

Melrika Roffray nous revient avec une nouvelle qui change un peu de son répertoire habituel. Finie la tendresse. L’émotion est encore là, latente, mais c’est un vrai ras le bol qui va s’emparer de l’un de ses personnages, jusqu’au dénouement… 7 pages–Nouvelles/Fictions.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Ah ! Melrika ! C’est la douceur, la tendresse, l’émotivité exacerbée. Ses nouvelles sont un régal entre légendes inventées, contes médiévaux, histoires mélancoliques. Un mot peut éveiller en elle tout un univers qu’elle pose sur le papier avec beaucoup d’émotion. Ce fut le cas pour la nouvelle « la tristesse d’Henri », née du mot LIT. Son imagination lui inspire souvent des œuvres presque magiques, inspirées de croyances et de superstitions populaires.
Vous n’hésiterez pas à la suivre sur les traces de cette louve si humaine, ou dans ses poèmes d’une infinie tendresse.

“Je suis sèche“ dit-elle en franchissant la dernière marche de l’escalier pour venir s’affaler sur le fauteuil en face de lui.
Il lui jeta à peine un regard et reprit la lecture de son journal.
“Vide, rien, le néant, la sécheresse totale“, poursuivit-elle.
Il ne releva pas
“Enfin ! je te dis que je n’ai rien écrit depuis des jours et tu t’en fous !“ s’énerva-t-elle.
Il replia calmement son journal, le posa tout aussi tranquillement dans le porte-documents placé près de lui, la dévisagea, enfin, un petit sourire au coin des lèvres.
“Ma chérie, ce n’est ni la première, ni la dernière fois que tu te trouves dans cet état. Tu m’as toi-même expliqué que l’inspiration était quelque chose d’aléatoire et qu’elle prenait parfois des vacances.“
la voix grave et posée de son mari, dans un moment si pathétique, loin de l’apaiser, fit monter sa colère.
“Mais tu te rends compte que ça fait maintenant une semaine que je cherche une idée, une idée originale, je veux dire ! Et rien, pas une ligne ! La page blanche ! Tu sais ce que ça représente la page blanche ? Je suis finie, terminée la romancière… Bonne à mettre au rebut !“ hurla-t-elle presque.
“Peut-être as-tu besoin de marquer une pause, faire autre chose, qui sait ?
- Faire quoi ? A part écrire, je ne sais rien faire !
- T’occuper de ta maison, faire des courses, aller lécher les vitrines, te sortir un peu, prendre quelques jours de vacances… Tiens, et pourquoi pas t’occuper un peu de ton mari ?“
Elle haussa les épaules, l’air dubitatif. Le silence emplit la pièce. Elle croisa les jambes, les décroisa, les recroisa en proie à une intense réflexion intérieure.
“Parce que tu trouves que je ne m’occupe pas assez de toi ? Mais tu es le centre de mes pensées. C’est pour toi tous ces romans, pour que tu sois fier de moi, pour que tu me lises, que tu me donnes ton avis“, lança-t-elle brusquement.
Il sourit, émit un petit ricanement, se tut. Puis, la regardant bien en face, il dit : “quand penses-tu à moi ? Tu es soit le nez dans tes bouquins, soit avec un stylo ou un clavier à la main, soit à courir chez ton éditeur, ton attaché de presse, ta mère… et j’en passe ! Quand penses-tu à moi ?“
Tandis qu’il parlait, elle faisait des petits bonds sur son siège, prête à répliquer, mais il ne lui en laissait pas le temps. Enfin, il s’arrêta, elle saisit l’occasion au bond.
“Tu exagères toujours, à chaque fois que je suis sur un nouveau roman, tu sais bien que je n’ai rien d’autre en tête. Ça, je te l’accorde. Mais le reste du temps, tu occupes toutes mes pensées, tu vois ?
- Je vois, répondit-il sèchement, comme hier, par exemple.
- Quoi, hier ? Allons, dis ce que tu penses !
- Tu penses à moi dès que tu n’as plus rien à écrire, dès que tu es en panne sèche, si je comprends bien. Mais le reste du temps, tu es trop occupée par tes personnages, ta trame, ton histoire, tes tournures… Tu n’as pas l’impression d’avoir oublié quelque chose, hier ?
- N ... on …“ fit-elle après un long moment de réflexion. Elle se creusait les méninges. Voyons, un spectacle ? non. Une invitation chez des amis ? Qu’aurait-elle pu oublier ? On était en juin, elle en était sûre. Le 25 ? le 26 ? Voyons, il était né en mars, donc ce n’était pas son anniversaire. Sa fête, ce serait en octobre. Juin ? Qu’est-ce qu’il y avait en juin ? Le 25 juin ? Oh ! Comment avait-elle pu oublier ça ?

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