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Le pont
Auteur : Melrika Roffray
Date de publication : 21/03/2014
isbn : 978-2-9534938-N-2.069

L’homme est sur le pont face à un paysage merveilleux. Mais ce n’est pas le panorama qu’il admire. Ses pensées l’entraînent ailleurs. Et cette petite voix dans sa tête qui n’arrête pas de le presser. On retrouve, dans ce texte, toute l'émotion que Melrika Roffray sait transmettre en parlant de la vie des gens et de la beauté des grands espaces. Une très belle nouvelle. Nouvelles/Fictions. 5 pages

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Ah ! Melrika ! C’est la douceur, la tendresse, l’émotivité exacerbée. Ses nouvelles sont un régal entre légendes inventées, contes médiévaux, histoires mélancoliques. Un mot peut éveiller en elle tout un univers qu’elle pose sur le papier avec beaucoup d’émotion. Ce fut le cas pour la nouvelle « la tristesse d’Henri », née du mot LIT. Son imagination lui inspire souvent des œuvres presque magiques, inspirées de croyances et de superstitions populaires.


Vous n’hésiterez pas à la suivre sur les traces de cette louve si humaine, ou dans ses poèmes d’une infinie tendresse.

Le vieux pont enjambait la rivière torrentueuse pour s’élever un peu plus haut dans la montagne, vers un petit village isolé. L’hiver, la seule route praticable était à l’opposé et menait à un pont nouvellement construit, plus bas dans la vallée. C’était un détour considérable, mais bien plus sûr pour rejoindre le bourg situé en contrebas.

L’homme se tenait sur le vieux pont. Il devait être là depuis une bonne vingtaine de minutes, à contempler le paysage, grandiose, qui s’offrait aux aventuriers en mal de sensations fortes. La vue englobait toute la vallée, la rivière en furie qui s’insinuait entre les rochers, ses rives bordées de sapins. En se frayant un chemin, l’eau serpentait en méandres plus ou moins tordus et bouillonnait, emplissant l’air d’un gargouillis sonore. L’homme pourtant ne semblait pas s’intéresser au paysage, aussi magnifique soit-il. Il connaissait les lieux depuis sa plus tendre enfance et, même si c’était toujours le même ravissement, ses pensées, en ce jour, allaient bien au-delà du panorama qui s’offrait à lui.

La voix, dans sa tête, se faisait insistante. “Vas-y, fais-le, qu’est-ce que tu attends ? Tu n’as rien à perdre.“ L’homme restait immobile, impassible, appuyé au vieux parapet de pierres sèches, l’air absorbé par de lointains souvenirs.

Ils étaient enfants. La ferme était souvent le théâtre de leurs jeux, mais, parfois, en dépit de l’interdiction parentale, ils s’aventuraient jusqu’au pont, un peu plus haut, ou longeaient les berges du torrent en essayant de le traverser, sautant de pierre en pierre, en évitant au maximum de se mouiller. L’attrait du danger les attirait là, près de cette eau tumultueuse, un défi à leur jeune âge en quête d’aventures. Ils s’inventaient des mondes, imaginaient des monstres cachés entre les sapins, jouaient à cache-cache et revenaient de leurs pérégrinations épuisés, mais heureux, prêts à affronter la colère des adultes qui les cherchaient depuis un moment.
Ils fréquentaient l’école du village, se retrouvant tous sur la petite place de l’église avant l’appel de la cloche, préparant des plans pour leurs escapades. Puis l’été venait avec les travaux des champs, les bêtes à conduire aux alpages, les corvées quotidiennes à accomplir avant de pouvoir s’évader, s’égayer avec les copains, et elle. D’ordinaire, les filles ne participaient à leurs jeux, les trouvant trop dangereux, trop “masculins“, mais elle, c’était différent. Elle les suivait partout, participait à tout, les devançait même parfois. Et ils l’avaient acceptée dans leur groupe parce qu’elle savait relever des défis, parce qu’elle ne se plaignait jamais, parce que… c’était elle.

Avec le temps, les jeux avaient cessé. Ils s’étaient un peu éparpillés pour rejoindre le collège, dans la ville, plus bas. Finis les jeux, les escapades, les courses folles le long de la rivière. Ils se retrouvaient parfois le week-end ou durant les vacances, mais ce n’était plus tout à fait la même chose, la même complicité.

Son bac en poche, il avait rejoint la ferme familiale, un peu à l’écart du village, en contrebas. De temps en temps, il montait jusqu’au pont, souvent le soir, juste avant la nuit pour contempler le paysage. Il aimait cet endroit. Un endroit que beaucoup évitait, parce que jugé maléfique par les anciens du village.

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