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A travers la fenêtre
Auteur : Laetitia Gand
Date de publication : 17/12/2013
isbn : 978-2-9534938-N-2.060

Un nouvel auteur rejoint Plume Direct en la personne de Laetitia Gand. Son style plein de charme et de douceur vous enchantera. L'originalité de ses textes aussi. Germaine Bonnard est désormais en maison de retraite. Elle se fait bichonner mais en elle, il y a l'amertume de sa vie passée. Elle se sent si seule désormais, si vieille et le Bon Dieu ne l'appelle pas à lui. Mais un jour, elle aperçoit une silhouette... Nouvelles/fictions.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Mère au foyer, née le 9 mai 1979 à Neufchâteau dans les Vosges dans la région de Lorraine, je rêve de faire le métier d'écrivain. Dès 2010, j'ai eu la chance d'être publiée dans des recueils de poésie aux éditions Lulu mais cela m'a davantage déterminée à faire cavalier seule dans le domaine de l'écriture. Par hasard, j'ai été repérée par un éditeur de Montreuil, Joseph Ouaknine et c'est ainsi qu'est né mon premier recueil en solo, "Le roman du temps qui passe" en janvier 2011. Beau tremplin ! Je souhaite montrer que mon talent ne s'arrête pas là. Il est difficile de percer dans ce métier, mais je suis tenace. J'écris depuis mon adolescence et pour moi c'est bien plus qu'une passion, c'est une vie qui se construit.

Qu’il est loin le temps durant lequel je courais aux quatre coins des vents avec ma jeunesse florissante! Qu’il est loin, ce temps…


Nous sommes samedi. Il est quinze heures. La célébration de la messe touche à sa fin. Monsieur le curé prononce les dernières paroles de son sermon face à une assemblée silencieuse. Seul le grincement des bancs en bois verni sous le poids de nos corps et une quinte de toux de mon voisin interrompent la quiétude du lieu sacré.


A travers les vitraux colorés de la chapelle, le soleil pénètre par petites touches chaleureuses tel un peintre appliquant une couleur sur sa toile. Il projette sur chacun de nous une lumière réconfortante qui semble nous réchauffer jusqu’au plus profond de notre être.


Les mains jointes pour une ultime prière, encerclées par les perles en bois de mon chapelet, je lève la tête, soudain distraite. Je sens sur mon visage ridé les rayons de la lumière; cette luminosité naturelle me ravit et me rend tout à la fois nostalgique.


Quel temps fait-il, aujourd’hui ? Fait-il beau ou n’est-ce là qu’une simple éclaircie ? Mon regard se pose sur les vitraux. Je fronce les sourcils, l’œil soudain très attentif et pénétrant, comme si je regardais par une simple fenêtre pour voir ce qui se passait au dehors. Mais je ne vois que des scènes de vie ancrées à jamais dans l’éternité du temps, tirées de passages bibliques. Je peux y apercevoir notamment la scène de la Nativité ou encore celle représentant le Christ sur la croix. Il y a sous mes yeux toute une profusion de couleurs, toutes aussi magnifiques les unes que les autres pour évoquer un temps qui n’existera jamais plus. La lumière joue bien évidemment son rôle dans cet éclatant panel de couleurs. Chaque rayon du soleil qui pénètre au travers des vitraux de la chapelle offre aux couleurs une beauté que rien ne semble égaler, en cet instant…


- Madame Bonnard vous vous sentez bien ?
- …
- Madame Bonnard ?


Soudain, l’ombre d’une silhouette se profila devant mes yeux. Je restai un instant interdite, presque contrariée par cette apparition soudaine, puis je tournai la tête, abandonnant à regret ma contemplation des vitraux. J’aperçus alors le visage de Monsieur le curé. Il me parut bien pâle. Ce dernier me dévisageait d’une manière étrange comme si je venais de transgresser la loi religieuse par un péché mortel. Cherchant la raison de cette attitude des plus surprenantes pour un homme d’église, je détachai mon regard du sien pour tenter de comprendre. Je baissai alors les yeux comme pour me faire pardonner et je compris. Monsieur le curé tenait entre ses doigts une hostie qu’il me tendait pour que je puisse communier. Prise dans ma rêverie, je n’avais rien remarqué et j’avais perdu la notion du temps.


- Madame Bonnard, entendis-je de nouveau.
- Oui, répondis-je, gênée.


Une infirmière se tenait debout à mes côtés. Elle me prit le pouls pour s’assurer tout de même que tout allait pour le mieux. Sentant les battements accélérés de mon cœur, elle ne put s’empêcher de m’interroger encore, quelque peu inquiète à mon sujet.
- Vous sentez-vous vraiment bien ? Vous êtes toute pâle.
- Mais oui, c’est un peu de fatigue, c’est tout.

La messe se terminait enfin. Monsieur le curé regagna l’autel et fit une dernière génuflexion devant le Christ sur la croix, puis il se releva. Un silence encore plus pesant s’installa dans la chapelle. Pendant ce temps, chaque pensionnaire commença à sortir ; ceux qui étaient encore valides marchaient, la paume de la main appuyée sur leur canne et ceux atteints d’un plus grand handicap, assis dans leur fauteuil roulant, étaient poussés par des infirmières habillées d’une blouse d’un blanc éclatant ou par des pensionnaires à la démarche encore assurée. Je faisais partie des chaisards. La jeune infirmière qui s’était inquiétée de ma santé durant la messe poussa mon fauteuil, malgré mes protestations.


- Laissez-moi, je suis encore capable de me déplacer toute seule. Je suis peut-être invalide, mais je ne suis pas idiote !...

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