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Le regard du gosse
Auteur : Odil Allebaï
Date de publication : 22/11/2013
isbn : 978-2-9534938-N-2.058

Cette nouvelle poétique d’Odil Allebaï nous raconte une rencontre insolite entre un jeune garçon et un homme. Un beau texte mêlant poésie et prose. Un instant suspendu dans l’espace temps à télécharger sur Plume Direct.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

C’est un “viveur“ de la poésie au quotidien. Il déambule sur le sentier des sens. C’est sa façon d’explorer les paysages de la vie. Il danse avec les phrases, il peint avec les mots.
Il aime les arts, tous les arts et sa description d’un ballet à l’opéra (Eric ou la vraie vie, le roman) est un grand moment de joie tant il parvient à faire vivre les danseurs avec ses mots.

Père de famille nombreuse, il enseigne à la faculté de Nanterre et s’investit dans la vie politique et communautaire de notre pays. Très actif, il dispose de peu de temps pour s’adonner à sa passion, l’écriture. Dommage.

Le gosse est assis au milieu d’un petit groupe ; on me dit sans tarder qu’il est le cadet : « il est mineur, dans trois mois, il aura dix-huit ans », s’exclame une jeune femme.


Il fait nuit, une nuit d’automne presque aussi douce qu’une nuit d’été. La lune brille à pleine blancheur et l’on croirait qu’un projecteur inonde le parc à voitures. Cette lueur laiteuse recouvre le paysage d’ombres prodigieuses.


Je viens d’arriver. Interpellé par cette jeune femme, je suis descendu de l’auto. Elle a allégué qu’on souhaitait me parler puis m’a présenté ce petit groupe installé quelques mètres plus loin. J’ai obtempéré, un peu étonné, et méfiant.


Je me tiens debout. Ils sont assis sur une barrière de bois, à quelques centimètres du sol. Je déambule calmement alors qu’une conversation s’anime sur un ton badin. Les voix s’entrecroisent, les rires aussi. Sous l’apparence de plaisanteries, des questions finissent par fuser. C’est souvent ainsi. On ne les pose pas. On esquive tout en cherchant à savoir. On veut surtout connaître le motif de ces visites nocturnes. En ces lieux, le ton est à la crudité : les échanges tournent autour du sexe, comme si la nuit, en masquant leurs visages, permettait aux gens d’exprimer plus librement leurs désirs.


Soudain, je sursaute : je sens des prunelles posées sur moi. C’est le mineur. Je pense que ma voix grave, et la profondeur du timbre, capte son attention. Ce regard pointe. Ces iris noirs dardent. Ces traits lisses de tout jeune homme, entre enfance et adolescence, offrent une étonnante image masculine. On me dit qu’il s’appelle Bruno.


Ces yeux me suivent, mais ne cherchent pas les miens. Pourtant, ils sont comme aimantés. Son beau visage est impassible. Ses larges pupilles dégagent une intensité discrète et profonde que l’assistance ne remarque pas.


Lorsqu’il se lève, un instant, j’entrevois ce grand garçon dégingandé, habillé d’amples vêtements masquant ses formes. Les omoplates à peine voûtées montrent qu’il n’a pas encore pris l’habitude de son nouvel état d’homme. Il allume une cigarette puis se rassoit.


On imagine son corps, tout entier disponible, et peut être son cœur. Bruno est là, muet et plein. Cette vue, je comprends qu’elle montre, et cache à la fois, une irrémissible soif de découverte, celle d’un monde encore inconnu, de l’au-delà de cette frontière sans retour, l’entrée dans le monde de la volupté. Mais toute fois que la conversation me porte vers lui, il se dérobe, il baisse les paupières. Bruno recule. Peur ou pudeur ?


La jeune femme –elle se fait appeler Christine- est le centre des échanges. C’est à elle que tous s’adressent.

 

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