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La Brèche
Auteur : Melrika Roffray
Date de publication : 11/10/2013
isbn : 978-2-9534938-N-2.055

La rumeur a circulé à toute vitesse dans la cité. La brèche a réapparu. Cela faisait des années que ce n’était pas arrivé. Les histoires les plus folles sont racontées à ce sujet, mais cela ne l’arrêtera pas. Ce soir, elle tentera l’aventure, gardes ou pas !

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Ah ! Melrika ! C’est la douceur, la tendresse, l’émotivité exacerbée. Ses nouvelles sont un régal entre légendes inventées, contes médiévaux, histoires mélancoliques. Un mot peut éveiller en elle tout un univers qu’elle pose sur le papier avec beaucoup d’émotion. Ce fut le cas pour la nouvelle « la tristesse d’Henri », née du mot LIT. Son imagination lui inspire souvent des œuvres presque magiques, inspirées de croyances et de superstitions populaires.


Vous n’hésiterez pas à la suivre sur les traces de cette louve si humaine, ou dans ses poèmes d’une infinie tendresse.

La rumeur avait grondé et fait le tour de la ville comme une traînée de poudre. La brèche s’était ouverte. La terreur s’était emparée de la population. Cela faisait si longtemps que ce n’était pas arrivé qu’on en avait oublié son existence même. Seuls quelques anciens gardaient encore le souvenir des récits qu’on en faisait lors des veillées.

La garde avait été renforcée. Les hérauts avaient parcouru la ville afin d’avertir le peuple de ne pas s’approcher de l’endroit. Toute tentative serait impitoyablement sanctionnée. On tirerait à vue sur le contrevenant.

Sa décision était prise. Aujourd’hui serait le grand jour. Enfin, la fascinante aventure lui tendait les bras. Ce soir, elle partirait. Elle transgresserait l’interdit, franchirait cette fameuse brèche, ce trou béant dans le mur d’enceinte de la ville qui attirait irrésistiblement les aventuriers. Elle entendait encore la grand-mère lui narrer les histoires que les vieux racontaient dans sa jeunesse, assis autour de la cheminée. Elles ne manquaient pas ces histoires, toutes plus farfelues les unes que les autres. La brèche était apparue, un jour, puis avait disparu aussi brutalement. Impossible de la reboucher. Les matériaux disparaissaient à peine posés, comme happés par un monde invisible. La peur de l’au-delà, l’imagination populaire avaient inventé et amplifié les phénomènes les plus étranges. La zone avait alors été interdite. Nul n’avait le droit de s’en approcher, tout comme aujourd’hui, sous peine d’emprisonnement.

Toutes ces fadaises ne lui faisaient pas peur. Son plan était prêt. Il lui suffirait de descendre la rue des Compagnons, celle qui longeait la citadelle de pierres roses, taillées dans le granit. Ce serait la partie la plus délicate avant, bien sûr, le franchissement de la brèche elle-même. Un garde pouvait l’apercevoir. Elle avait tout calculé, les zones d’ombre, les recoins où se cacher entre deux rondes. Ensuite, elle devrait suivre les rives de l’Ansert et pourrait se lover dans les buissons qui bordaient l’enceinte. Depuis une semaine, elle repérait le temps que mettait la sentinelle à effectuer son parcours. En restant cachée, elle n’aurait qu’à attendre le changement de gardes. Là, pendant quelques minutes, ils échangeaient leurs impressions et les diverses informations relatives à leur garde. Elle pourrait en profiter pour se faufiler jusqu’au passage avant que la nouvelle sentinelle ne revienne. Elle s’était entraînée à se déplacer sans bruit sur ses semelles de corde, à l’insu de tous. Elle connaissait les risques. Il suffirait d’un rien, le craquement d’une brindille, un petit chuintement, un éternuement pour faire échouer son plan. En elle, pourtant, dominait le désir de transgresser l’interdit, de connaître une autre vie … ailleurs.

Son baluchon était léger, elle n’avait pas grand-chose à emporter. La rue des Compagnons s’enroulait dans la ville comme un serpent. La citadelle surplombait la cité, élevant ses hautes murailles vers le ciel. Souplement, elle la contourna, protégée par l’ombre des contreforts. Bientôt elle atteignait l’Ansert. La rivière charriait bruyamment des eaux boueuses gonflées des derniers orages. Peu de gens dans les rues froides. Grelottant sous les manteaux et les châles, chacun se hâtait de rentrer sans regarder autour. Elle ne sentait pas la bruine, ne voyait pas le brouillard qui montait le long des rives, enveloppant lentement maisons et remparts.

Ce brouillard lui procurerait une aide inattendue. La nuit s’installait. Le crépuscule étendait ses larges bras sur la ville. Chacun aurait bientôt rejoint sa chaumière pour y partager le pain et la soupe chaude. Elle approchait du but.

Blottie derrière des caisses, elle scrutait la pénombre. Seuls résonnaient dans le silence les pas cadencés du garde.

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