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Le mur
Auteur : Melrika Roffray
Date de publication : 04/10/2013
isbn : 978-2-9534938-N-2.054

Ce texte vaut pour l’atmosphère étrange dans laquelle nous plonge Melrika. Des chatons facétieux, des mains volages, un mur d’incompréhension sont les ingrédients de ce conte moitié cauchemar, moitié féerie. Une nouvelle à la fois étrange et étonnante. A lire absolument comme tout ce qu’écrit Melrika.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Ah ! Melrika ! C’est la douceur, la tendresse, l’émotivité exacerbée. Ses nouvelles sont un régal entre légendes inventées, contes médiévaux, histoires mélancoliques. Un mot peut éveiller en elle tout un univers qu’elle pose sur le papier avec beaucoup d’émotion. Ce fut le cas pour la nouvelle « la tristesse d’Henri », née du mot LIT. Son imagination lui inspire souvent des œuvres presque magiques, inspirées de croyances et de superstitions populaires.


Vous n’hésiterez pas à la suivre sur les traces de cette louve si humaine, ou dans ses poèmes d’une infinie tendresse.

Je tourne la clef dans la serrure. Derrière la porte, j’entends le crépitement de la machine à écrire. Il est là.

A mon entrée les chatons se précipitent vers moi, fougueux, patauds, drôles, joueurs. Six petits diables vifs et espiègles, bondissant autour de mes jambes. Je me penche pour les caresser un à un. Ils sont si doux, si chauds. Puis, doucement, je m’approche de la porte du salon. Il est là, à son bureau, le visage tendu dans l’effort, les yeux fixés sur la machine à écrire, tapant laborieusement sur les touches avec deux doigts. Il n’a jamais voulu que je l’aide à ce travail fastidieux de frappe, bien que sa vitesse soit nettement inférieure à la mienne, et c’est toujours avec attendrissement que mes yeux se posent sur lui. Sentant mon regard, il lève la tête, me voit, un reflet d’étonnement passe dans ses yeux. Ils sont pers aujourd’hui, d’une limpide eau métallisée. Une chaleur soudaine les éclaire tandis qu’il me sourit (un éclair fugitif aussitôt remplacé par l’éclat métallique et dur qu’il prend lorsqu’il est absorbé dans son travail). Je lui renvoie un sourire qu’il ne voit déjà plus, et pars dans la cuisine déposer mes courses, les chatons affamés sur les talons.

Le bruit de cliquetis a repris dans la pièce voisine. Son prochain article doit être prêt. Une bouffée de tendresse monte en moi tandis que je range les provisions. Je le sens si proche et si lointain. Nous restons ainsi des jours entiers, parfois sans nous parler, mais je le sais là, tout près, et cette présence me comble d’une joie intense. J’aime ces instants où, ses reportages terminés, il reste à la maison pour rédiger ses articles.

L’oreille tendue, j’écoute. Un son étouffé me parvient, comme un appel de mon nom. Oui, c’est bien cela, il appelle… Mais on dirait… la voix vient de si loin. Que se passe-t-il ? Je me précipite au seuil du salon et reste plantée là, incrédule. Juste en face de moi, au fond, là où se tenait le bureau se dresse… un mur ! Des yeux je fais le tour de la pièce. Je ne comprends pas. J’entends, assourdi, le son de la machine qui a repris, rythme irrégulier des touches frappées d’une main malhabile. Que vient faire ce mur ? Un chaton miaule à mes pieds. C’est au moment même où je me baisse pour le prendre dans mes bras qu’elles apparaissent : des mains. Des mains qui sortent du sol. Partout, devant moi, des mains émergent, s’animent, leurs longs doigts effilés semble vouloir me communiquer quelque message, mais je ne sais pas lire le langage des signes. J’appelle. Ma voix sonne creux dans le salon, résonne froidement dans la pièce, se heurte au mur, rebondit, me revient aux oreilles déformée par l’angoisse. Il ne m’a pas entendue, la machine continue de rendre son crépitement étouffé et crispant.

La peur s’insinue dans tout mon corps. Je suis là, clouée sur le seuil de la porte, les yeux rivés sur ces mains qui s’agitent. Je vois les chatons jouer au milieu d’elles, s’y frotter, miauler, sautiller par-dessus, tenter d’attraper leurs doigts pour les mordiller. Mais elles s’échappent, les caressent puis les délaissent, les évitent. C’est comme un jeu, stupide. Les petits chats, eux, ont l’air de trouver très drôles toutes ces formes agiles qui remuent au ras du sol. L’une d’elles me rappelle ses mains à lui, minces, longues, les doigts fins et nerveux, les ongles un peu rongés. Elle est la cible du petit gris, le chartreux, le seul de la portée,

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