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Riquet à la Houppe
Auteur : Charles Perrault
Date de publication : 27/09/2013
isbn : 978-2-9534938-Je-6.019

Ce conte rapporte la rencontre entre l’esprit et la bêtise, la beauté et la laideur. Charles Perrault est l’un des tous premiers à avoir adapté, pour les enfants, des contes populaires, souvent très crus. Un texte qui ravira les jeunes.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Né à Paris en 1628, il est le frère de l’architecte, médecin et physicien Claude Perrault qui érigea l’Observatoire de Paris. Devenu contrôleur général de la surintendance des Bâtiments, Charles entra à l’Académie françaiseen 1671 et soutint les Modernes dans la querelle qui opposait les Anciens et les Modernes. On lui doit alors, entre autres, “Le Siècle de Louis le Grand“ et “Parallèles des Anciens et des Modernes“.


Il est surtout célèbre pour ses contes pour enfants, notamment les Contes de ma mère l’Oye publiés en 1697 sous le nom de son fils Perrault d’Armancour. On lui doit, entre autres, La belle au bois dormant, Le chat botté, Les trois petits cochons…

Il était une fois une reine qui accoucha d’un fils si laid, si mal fait, qu’on se demanda longtemps s’il avait vraiment forme humaine. Une fée, qui se trouva à sa naissance, assura qu’il ne laisserait pas d’être aimable, parce qu’il aurait beaucoup d’esprit : elle ajouta même qu’il pourrait, en vertu du don qu’elle venait de lui faire, donner autant d’esprit qu’il en aurait à la personne qu’il aimerait le mieux.


Tout cela consola un peu la pauvre reine, bien affligée d’avoir mis au monde un si vilain garçon. Mais il est vrai que sitôt qu’il sût parler, il disait de fort jolies choses et il avait dans ses actions un je-ne-sais-quoi de si spirituel, qu’on tombait sous le charme. Il faut vous dire qu’il vint au monde avec une petite houppe de cheveux sur la tête, ce qui lui valut le sobriquet de Riquet à la Houppe, Riquet étant le nom de sa famille.


Au bout de sept ou huit ans, la reine d’un royaume voisin accoucha de deux filles. La première qui vint au monde était plus belle que le jour. La reine en fut si heureuse qu’on craignit pour elle la douleur d’une si grande joie. La même fée qui avait assisté à la naissance du petit Riquet était présente et, pour modérer la joie de la reine, elle déclara que la petite princesse n’aurait point d’esprit et, même, qu’elle serait aussi stupide qu’elle était belle. La reine s’en trouva fort mortifiée. Pourtant, à la naissance de sa seconde fille, elle fut encore plus en peine. La seconde fille dont elle accoucha se trouva être extrêmement laide.
- Ne vous affligez pas, madame, lui dit la fée, votre fille sera récompensée car elle aura tant d’esprit qu’on ne s’apercevra pas qu’il lui manque la beauté“.
- Dieu le veuille ! répondit la reine ; mais n’y a-t-il pas moyen de faire avoir un peu d’esprit à l’aînée qui est si belle ?
- Je ne puis rien pour elle, madame, du côté de l’esprit, lui dit la fée, mais je puis tout du côté de la beauté ; et comme il n’y a rien que je puisse vous refuser pour vous satisfaire, je vais lui donner le don de rendre beau ou belle la personne qui lui plaira.


A mesure que les deux princesses grandissaient, leurs perfections croissaient. On ne parlait partout que de la beauté de la grande et de l’esprit de la cadette. Pourtant, leurs défauts augmentaient beaucoup avec l’âge. La cadette enlaidissait à vue d’œil, quant à l’aînée, elle devenait de plus en plus stupide : ou elle ne répondait rien à ce qu’on lui demandait, ou elle répondait par une sottise. Avec cela, elle était si maladroite qu’elle n’eût pu ranger quatre porcelaines sur le bord d’une cheminée sans en casser une, ni boire un verre d’eau sans en répandre la moitié sur ses vêtements.


Quoique la beauté soit d’un grand avantage chez une jeune personne, la cadette l’emportait toujours sur son aînée dans toutes les compagnies. D’abord, on allait du côté de la plus belle pour la voir et l’admirer, mais après on allait à celle qui avait le plus d’esprit pour l’entendre dire mille choses spirituelles. On était étonné de voir, en moins d’un quart d’heure, que l’aînée n’avait plus personne autour d’elle et que tout le monde se pressait autour de la cadette. L’aînée, quoique fort stupide, le remarquait bien. Elle eût donné sans regret toute sa beauté pour avoir la moitié de l’esprit de sa sœur. La reine, bien que pleine de sagesse, ne put s’empêcher de lui reprocher sa bêtise à plusieurs reprises. La pauvre princesse faillit en mourir de douleur.


Un jour qu’elle s’était retirée dans un bois pour y pleurer son chagrin, elle vit venir à elle un petit homme fort laid, mais richement vêtu.

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