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Jour de noces
Auteur : Françoise Bacelon
Date de publication : 11/06/2013
isbn : 978-2-9534938-H-9.038

Dans le cadre de son ouvrage “L’envers du Tableau“, Françoise Bacelon a laissé courir son imagination vers les pensées de l’une des convives. Ce texte humoristique a un petit côté sarcastique très intéressant.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Pratiquant l’Ikebana, Françoise a souhaité créer ses propres vases et s’est inscrite dans un atelier de terre. Lors d’une exposition, elle a utilisé des cageots vides pour exposer ses œuvres.


« J’ai pensé à ce moment-là que ces cageots avaient la chance de vivre une seconde fois. Et, tout naturellement, je me suis dit qu’un jour j’écrirais la biographie d’un cageot… L’idée de faire parler ceux qui n’ont pas la parole était née.
Une de mes amies m’ayant dit qu’elle aimait à me lire, je me suis, quelques années plus tard, lancée dans l’aventure de la page blanche. Ainsi est né mon premier texte.
J’ai tout de suite aimé donner vie à des objets, par essence sans spiritualité. Mais non sans âme…
Peut-être une manière de transcender le quotidien… »Née sous le signe de la lune dans Paris libéré, je me suis toujours intéressée aux arts, même sous leurs aspects les plus divers.
C’est curieusement l’art floral japonais, l’Ikebana, qui m’a amenée à l’écriture par des chemins, oh combien, détournés.
Pratiquant cette discipline depuis plus de trente ans maintenant, j’ai eu l’envie, il y a environ 10 ans, de fabriquer mes propres vases. Je me suis donc inscrite à un atelier de terre. Ma production semblant avoir quelque intérêt aux yeux de mon professeur, j’ai organisé une exposition de mes travaux pour laquelle j’ai utilisé des cageots vides de fruits et de légumes comme supports à mes œuvres.

Je m’ennuie. Ce déjeuner s’éternise et je m’ennuie à mourir. Du reste, je crois que cela se voit. J’ai les yeux dans le vague. Je me retiens pour ne pas bailler. Il faut dire que personne ne s’intéresse à moi. Ni mon mari à ma gauche, ni le dignitaire à ma droite qui semble bien plus intéressé par la conversation de son voisin que par ma présence. Vous ne me voyez pas ? Je suis la septième sur la gauche. Juste sur le devant vous avez les mariés, le mari et sa femme -qui n’a pas l’air de s’amuser beaucoup non plus- et moi un peu plus loin, en chemisier rose et veste bleue, mes cheveux blonds relevés. Ca y est ?


Je n’avais pas très envie d’assister à cette fête, mais mon mari m’a dit qu’il était impossible de ne pas venir ; que son cousin ne comprendrait pas que nous refusions son invitation. Moi, j’ai bien essayé de répondre qu’il suffisait de dire que j’étais souffrante, mais Pietro (c’est mon mari) a dit que ce n’était pas possible.


Alors, je suis là, depuis deux heures, assise entre un mari qui trouve toujours autre chose à faire de plus intéressant que de me tenir compagnie, surtout quand un jupon passe à sa portée, et un vieux bonhomme avec un chapeau ridicule. Et s’il n’y avait que son chapeau ! Il parle fort, s’esclaffe à m’en casser les oreilles et… rote. Je n’ai qu’une envie : fuir.


Je ne peux, bien entendu, pas quitter le banquet seule. Cela ne se fait pas. Et puis, pour aller où ? J’ai tellement mal aux pieds. Je me suis fait faire une paire de bottines pour ce mariage et elles me serrent si fort les orteils que je ne peux plus les bouger.


Je trouve surtout qu’on ne s’amuse pas beaucoup ; c’est une noce quand même !


C’est peut-être la présence de Marie et de son fils, juste au centre de la table, qui nous en empêche. Sylvio, le marié, le cousin de mon mari, aurait peut-être mieux fait de ne pas les inviter, tout le monde sait qu’ils n’ont pas une réputation de joyeux lurons. Les mauvaises langues disent qu’il les a invités par intérêt, parce qu’il a entendu dire que Jésus pouvait accomplir des miracles. Que comme il est avare, c’est toujours ce que l’on dit, il a commandé très peu de vin pour le repas et qu’il espère que Jésus lui en fournira gratis.

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