Vous avez 0 article dans votre panier   
Catalogue


  5,00 €

Téléchargement PDF ou EPUB






La vie privée du Poulpe
Auteur : Jean-Louis LAVILLE
Date de publication : 20/04/2013
isbn : 978-2-9534938-Ro-4.011

Le "Poulpe" est un personnage bien connu des amateurs de "polars". Là, on le met en scène dans une histoire qui s'annonce en effet comme un "roman policier" avec meurtre supposé, intrigues, commissaire, personnages louches, d'autres naïfs, d'autres équivoques. Mais . . . bien des choses se passent, qui font basculer l'intrigue dans une dramaturgie où les partenaires du récit perdent leur identité propre, y compris et surtout notre "Poulpe" — qui va connaître l'épreuve sans doute la plus déconcertante de sa carrière.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

A ces moments que l’on dit perdus, mais que je dirais retrouvés, il m’arrive de rêver, plume en main, et de laisser dériver l’maginaire sans trop savoir où il mène. D’où ce conte à la fois merveilleux et cruel, l’histoire de ce que l’on nomme un grand amour qui s’éparpille dans une illusion fantasmatique. L’amoureux et sa belle sont l’objet d’une curieuse équivoque: ni l’un ni l’autre ne sont réellement humains. Cette “Poupée-Miracle” tient à la fois de la Science-fiction et du fantastique. Mais la chose appelée “amour” ne relève-t-elle pas constamment de l’une comme de l’autre?

« A ces moments que l’on dit perdus, mais que je dirais retrouvés, il m’arrive de rêver, plume en main, et de laisser dériver l’imaginaire sans trop savoir où il mène. » Ainsi se définit Jean-Louis Laville et il est vrai que ses histoires, ses nouvelles ou ses romans se situent dans un monde à la fois réel et parallèle sans qu’on puisse en définir une frontière exacte. On dérive facilement d’un monde à l’autre en se laissant porter par l’écriture limpide, spontanée et riche en images percutantes.
Science fiction ou récit fantastique, on ne saurait dire dans quel genre le classer, peut-être un peu des deux après tout…

Le fameux “POULPE“ serait une femme ! Cette nouvelle ahurissante jeta le trouble tant parmi les respectables plumitifs contant ses frasques et aventures que parmi leurs lecteurs. On décida même de monter une Association “loi de 1901” pour assurer la “Défense de l’Intégrité et Sauvegarde de l’Authenticité Masculine du Poulpe“, en sigle D.I.S.A.M.P. Joli, n’est-ce pas ? Eh oui le mâle idoine —paradigme conjugué de la puissance et de la virilité— fantasme préféré de ces dames et demoiselles de Granville ou d’ailleurs —la réputation de notre héros dépassait bien sûr les pourtours du Cotentin, voire ceux de l’hexagone— serait en fait une poulpe. Alors les Granvillais s’emparèrent du fantasme abandonné sur les rives du Plat Gousset par leurs filles, épouses, maîtresses, compagnes, concubines ou mères frustrées. Depuis le Casino en passant par la Haute Ville, le St Sépulcre, le Cours Jonville, le Hérel, les ragots fusèrent sur tous les sujets possibles en rapport ou non avec la rumeur dont il est question ici. Après tout, un ragot c’est une rumeur qui devient incontinente ; l’humeur devient tumeur, gangrène, prolifère dans les boudoirs et salons, au long des quais, dépotoirs, par delà les grèves, dans les rues, grimpe sur les pignons bourgeois, se dilue perfidement en métastases tentaculaires dans toute la cité et les alentours. Les hommes, obsédés par cette poulpe mystérieuse, fascinante, toisaient effrontément toutes les passantes en âge et formes fantasmables, en se demandant s’il s’agissait de la version féminine du Poulpe. Voilà pourquoi le Poulpe devint la Pulpe, perdant son O et son aura ; les rumeurs convergèrent vers une ressortissante, d’allure énigmatique mais gaillarde, à la démarche généreusement ondulante comme une houle de Chausey, aux formes effectivement rondes, à la suggestivité pernicieuse, pulpeuse à souhait. Elle s’appelait . . . Ce sera dit par la suite. On va vous raconter comment cette modeste personne, plutôt réservée, plutôt sans histoire —nonobstant celle que ce récit propose— s’est trouvée mêlée à un fait divers sans précédent dans les annales de la Monaco du Nord.

Le président du DISAMP, après dépôt des statuts de l’Association à la Préfecture de la Manche, comme le veut la loi de 1901, fit une longue déclaration sur les ondes, lesquelles s’envolèrent à tire-d'ailes vers les îles les plus proches, les belles Chausey. Dans son allocution, le Président —un certain Olivier Destrumot— se livra à une longue exégèse de la notion de rumeur, en insistant sur son rôle historique. Il rappela à ses auditeurs médusés de terribles affaires, notamment celles qui ensanglantèrent le pavé londonien, où une personne fort estimée, fort honorable, se transformait la nuit venue en monstre sanguinaire. Il voulait convaincre les gens du danger de la rumeur, tout un chacun portait en lui sa bête du Gévaudan, prête à bondir hors de sa cage dès le jour tombé pour perpétrer le massacre. Il expliqua que cette rumeur de féminisation du célèbre détective exprimait une terreur atavique, issue du fond des ages, impliquant à la fois le syndrome du loup-garou et l’ambiguïté de la différenciation sexuelle. Chacune se voulait secrètement homme, chacun femme.

Ces propos suscitèrent maints quolibets. Le Président du DISAMP demeura impavide sous les huées.

Toute cette agitation n’était que les prémices d’une grande PEUR où l’entité androïde nommée “Poulpe” allait jouer le rôle le plus inattendu de sa carrière, et qui bouleversa pour longtemps ses certitudes au point de lui faire chavirer l’esprit jusqu’à le rendre romantique. Les pavés de Monaco-Nord résonnent encore du pas abominable d’un bien étrange visiteur dont l’errance jeta pour longtemps sur la ville une lourde chape plombée de terreur.

Produits associés

Commentaires des internautes

Commentaires :