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Escapade
Auteur : Françoise Bacelon
Date de publication : 05/03/2011
isbn : 978-2-9534938-H-9.013

Quand on habite les beaux quartiers, que l’on se promène uniquement bien accompagné dans la voiture de luxe et sous la garde attentive du chauffeur et de Madame, on ignore les affres de la vie quotidienne dans le métro, les rues bruyantes et sales, l’inconfort de mains négligées qui vous malmènent. Quelle idée, aussi, pour un sac de luxe, de vouloir s’égarer dans le quartier de Barbès....

Une histoire drôle et remarquablement écrite par Françoise Bacelon qui, comme à son habitude, nous fait voyager dans la peau d’un objet.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Pratiquant l’Ikebana, Françoise a souhaité créer ses propres vases et s’est inscrite dans un atelier de terre. Lors d’une exposition, elle a utilisé des cageots vides pour exposer ses œuvres.

« J’ai pensé à ce moment-là que ces cageots avaient la chance de vivre une seconde fois. Et, tout naturellement, je me suis dit qu’un jour j’écrirais la biographie d’un cageot… L’idée de faire parler ceux qui n’ont pas la parole était née.
Une de mes amies m’ayant dit qu’elle aimait à me lire, je me suis, quelques années plus tard, lancée dans l’aventure de la page blanche. Ainsi est né mon premier texte.
J’ai tout de suite aimé donner vie à des objets, par essence sans spiritualité. Mais non sans âme…
Peut-être une manière de transcender le quotidien… »

Née sous le signe de la lune dans Paris libéré, je me suis toujours intéressée aux arts, même sous leurs aspects les plus divers.
C’est curieusement l’art floral japonais, l’Ikebana, qui m’a amenée à l’écriture par des chemins, oh combien, détournés.
Pratiquant cette discipline depuis plus de trente ans maintenant, j’ai eu l’envie, il y a environ 10 ans, de fabriquer mes propres vases. Je me suis donc inscrite à un atelier de terre. Ma production semblant avoir quelque intérêt aux yeux de mon professeur, j’ai organisé une exposition de mes travaux pour laquelle j’ai utilisé des cageots vides de fruits et de légumes comme supports à mes œuvres.

Bonsoir. Permettez-moi, Chère Madame, de vous importuner ; je pense que je me suis égaré. Il faut vous dire que c’est la première fois que je prends le métro et  j’ai quelques angoisses. J’ai entendu tellement de choses sur les transports en commun que j’ai eu énormément de difficultés à me résoudre à les prendre. Mais que voulez- vous ? Je suis à un moment de ma vie où  j’ai  envie de découvrir un autre monde que celui auquel  je suis habitué et pour cela  je suis prêt à prendre tous les risques.

Tout cela pour vous dire, très chère Madame, que j’ai bien peur de m’être perdu. Si vous aviez quelques minutes, accepteriez-vous de m’indiquer le bon chemin ? Je vous remercie infiniment.

Je souhaiterais me rendre à la station de métro Barbès-Ro-che-chouard. Il s’agit bien d’une station qui se trouve dans un quartier populaire ?
Il me faut prendre la ligne 2 ?
Je n’ai qu’à suivre les couloirs et prendre la ligne 2, direction Nation. Il n’y a qu’une direction. Nous sommes au terminus.

Ter-mi-nus ?

Ah, très bien. Nous sommes au début de la ligne.

Excusez-moi de vous avoir importunée, Madame, et croyez en ma profonde gratitude.

Ligne 2…. Ah ! au-dessus de ma tête. C’est extrêmement compliqué, je ne suis pas habitué. Et, de plus, je suis au ras du sol. Toutes ces têtes qui dépassent m’empêchent de lire correctement les panneaux. Et quel monde ! Quelle agitation et quel brouhaha !

Ah, il me semble que je suis sur le quai. Je vais aller m’asseoir un moment avant de continuer. Je suis épuisé. Pas beaucoup de sièges libres.  En voici justement un. Mais quelle saleté ! Quels sont ces graffiti sur le dosseret et pourquoi toutes ces miettes par terre ? C’est dégoûtant ! Jamais, je ne pourrai m’asseoir dessus ! Je vais me salir.

Si encore j’avais un mouchoir pour le poser sur ce….. Mais je suis parti sans rien.
Soufflons un peu pour le débarrasser de ces immondices. Et, puis à la guerre comme à la guerre !

Me voilà assis. Ouf ! Je suis exténué. J’avais déjà ouï  dire que le  métro était un endroit  qu’il ne faisait pas bon fréquenter, mais je n’avais aucune idée de la réalité ni à quel point ce serait fatigant !
Il faut vous dire que je ne voyage que dans la voiture de Madame ou de Monsieur, et toujours à l’arrière. L’avant, c’est pour le chauffeur.

La Bentley, quel confort ! Les sièges sont si bien rembourrés et le cuir si doux que je ne ressens jamais aucun à-coup. Je peux même y dormir. Et l’espace ! Un siège pour moi tout seul.
Je n’en dirais pas autant du… tabouret ? sur lequel je suis assis maintenant.
Du plastique.  De la vulgaire matière plastique ! Quelle horreur ! Et  quelle couleur criarde !

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