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Pater
Auteur : Françoise Bacelon
Date de publication : 05/02/2013
isbn : 978-2-9534938-N-2.046

Max revient pour la nième fois dans ce lieu. Jusqu’alors, il a toujours renoncé au dernier moment. Aujourd’hui, il doit savoir. Il ne doit pas flancher. Il doit, enfin, trouver les réponses aux questions qu’il se pose depuis si longtemps. Aujourd’hui, il doit aller au bout de sa démarche. Un texte prenant et très bien écrit. Une histoire touchante.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Pratiquant l’Ikebana, Françoise a souhaité créer ses propres vases et s’est inscrite dans un atelier de terre. Lors d’une exposition, elle a utilisé des cageots vides pour exposer ses œuvres.
« J’ai pensé à ce moment-là que ces cageots avaient la chance de vivre une seconde fois. Et, tout naturellement, je me suis dit qu’un jour j’écrirais la biographie d’un cageot… L’idée de faire parler ceux qui n’ont pas la parole était née.
Une de mes amies m’ayant dit qu’elle aimait à me lire, je me suis, quelques années plus tard, lancée dans l’aventure de la page blanche. Ainsi est né mon premier texte.
J’ai tout de suite aimé donner vie à des objets, par essence sans spiritualité. Mais non sans âme…
Peut-être une manière de transcender le quotidien… »

Née sous le signe de la lune dans Paris libéré, je me suis toujours intéressée aux arts, même sous leurs aspects les plus divers.
C’est curieusement l’art floral japonais, l’Ikebana, qui m’a amenée à l’écriture par des chemins, oh combien, détournés.
Pratiquant cette discipline depuis plus de trente ans maintenant, j’ai eu l’envie, il y a environ 10 ans, de fabriquer mes propres vases. Je me suis donc inscrite à un atelier de terre. Ma production semblant avoir quelque intérêt aux yeux de mon professeur, j’ai organisé une exposition de mes travaux pour laquelle j’ai utilisé des cageots vides de fruits et de légumes comme supports à mes œuvres.

« Juste le temps d’une chanson avant les informations. « Georgia » par Ray Ch… ».
La voiture suit le long serpent dessiné par la route à flanc de montagne. Le jour vient tout juste de se lever, mais Max roule depuis des heures. Il appuie sur le bouton pour éteindre la radio qui l’accompagne depuis le départ. Il approche du but, une fois encore, et il a besoin de calme, de silence. Cela fait maintenant cinq ou six voyages qu’il s’aventure sur cette route et pourtant il lui semble n’être jamais passé là. Le changement des saisons a balayé tous les repères possibles. La première fois qu’il est venu, il s’en souvient, c’était aux prémices du printemps ; quelques flaques de neige traînaient encore çà et là, l’herbe commençait à poindre par endroits et le ciel était étonnamment bleu. Il était repassé quelques semaines plus tard ; les premiers bourgeons explosaient en feuilles fripées et duveteuses ; le torrent en contrebas roulait ses cailloux et le bruit montait jusqu’à la cime des arbres. Plus tard, les iris avaient repeint les collines de grands aplats bleus. L’été était arrivé et, avec lui, la nature avait enfin trouvé toute sa place. En même temps qu’elle, les vacanciers avaient fleuri le long des routes. Maintenant, l’automne rapporte ses couleurs chaudes et multiples. Les colchiques parsèment l’herbe de points colorés. Les verts, les orangés, les bruns, les jaunes s’harmonisent pour former une palette dont aucun peintre n’oserait rêver. Mais Max n’a pas l’esprit vagabond, il regarde à peine la nature qui l’environne. Il essaie de ne penser qu’à la route. Se concentrer sur sa conduite et ne pas laisser les questions grignoter son cerveau. Voilà des mois que des milliers de pensées l’assaillent jour et nuit. Aujourd’hui, il sait qu’il n’y a qu’une réponse. Et pour l’entendre, il doit, seulement, aller jusqu’au bout.
Un panneau annonce que le prochain village se trouve à une vingtaine de kilomètres. Il ne lui en reste donc qu’une cinquantaine avant d’atteindre son but. Le soleil a réussi à gravir la montagne et Max baisse le pare-soleil pour ne pas être ébloui.

 
***

Les premières maisons s’aperçoivent en contrebas. Max se demande s’il s’arrêtera pour prendre un petit-déjeuner et se dégourdir quelques minutes après ces longues heures de route. Ce serait raisonnable, mais lors de ses autres venues, ces arrêts ont sonné le glas du voyage. C’est chaque fois arrivé là, qu’après un café et deux croissants, il a décidé de faire demi-tour. Qu’il a renoncé à connaître la réponse aux questions qu’il se pose. Cinq ou six fois qu’il a tourné le dos à son histoire. Il s’est bien promis aujourd’hui d’aller jusqu’au bout, mais cet arrêt ne risque-t-il pas de le faire renoncer une fois de plus ? Le soleil continue à frapper le pare-brise et Max se met à bailler. Il faut vraiment qu’il s’arrête ; il a soif et faim. Une petite demi-heure, le temps d’un petit-déjeuner et d’une cigarette, et il reprendra la route. Il sait maintenant qu’il ne flanchera pas. Il amorce l’avant-dernier virage avant la place et son café où, probablement, la serveuse le reconnaîtra.
Malgré la chaleur qui commence à monter, l’air sous les arbres est frais et Max respire à pleins poumons. Il étend ses jambes, étire ses bras et ferme les yeux quelques instants afin de savourer le calme de ce début de journée. La serveuse lui apporte son café et ses deux croissants et il vient d’allumer sa première cigarette. Un second café avec une deuxième cigarette et il reprendra la route.

 
***

Il roule maintenant à vive allure pressé d’en finir. Comment va-t-il engager la conversation. Dire tout simplement « Bonjour, je m’appelle Max,...

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