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En la sainte veille
Auteur : Bruno Martin
Date de publication : 04/12/2012
isbn : 978-2-9534938-Th-10.005

Cette petite pièce est une invitation poétique à la méditation, à travers des personnages connus de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ.
Elle suit la tradition vivante des mystères chrétiens médiévaux, représentations de la Nativité ou de la Passion.

Cette pièce n'est pas réservée aux seuls croyants. Elle se lit très facilement et est intéressante par les questions qu'elle soulève sur ce que nous sommes et ce que nous souhaitons devenir.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

On pourrait dire de Bruno Martin que c’est un être « inspiré ». Féru de religion, grand érudit, d’une gentillesse déconcertante, il puise ses textes dans sa foi. De sa guitare, il tire des mélodies d’une grande spiritualité et pose tout naturellement des paroles pour accompagner ses notes. Outre les chansons, il écrit aussi des pièces de théâtre. Même si l’on est peu porté sur les affaires religieuses, le lire est un pur moment de plaisir tant ses personnages sont, eux-mêmes, inspirés.

Par quelle alchimie de laides petites formes techniques s'agencent-elles en mots, en phrases, en rêves de vie ? 

Un soir, j'ai assis la beauté sur mes genoux, et je l'ai aimée, puisqu'elle m'aimait. Etait-elle ma mère, ou mon épouse ? Ajoutez à cela une guitare, des poèmes, et puis une Bible... présences bienfaisantes et légères : la main de Dieu. Il ne restait plus qu'à essayer de comprendre, mais non sans enfance. Rêvons donc et vivons ensemble, car pas plus que vous je n'y comprends goutte, étant faible de coeur et amoureux maladroit.

CHOEUR - Les femmes qui accompagnaient Jésus depuis la Galilée
regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé.
Puis elles s'en retournèrent et préparèrent aromates et parfums.
Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

ANGE 1 - Nous voici, anges de Dieu,
"invincibles porteurs de ses ordres,
attentifs au son de sa parole !"

ANGE 2 - Je fus créé au troisième jour, avec le premier arbre.

ANGE 1 - Je fus créé au cinquième jour, avec le premier oiseau.

ANGE 2 - Le sixième jour, nous avons assisté,
émerveillés,
à la création d'Adam et d'Eve,
le premier homme et la première femme.

ANGE 1 - Et nous avons reçu du Tout-Puissant
ANGE 2 - la mission de les veiller tous deux.

-Veiller sur Eve,

ANGE 1 - veiller sur Adam.

Mais le péché a frappé au coeur.

L'oeil blessé, enténébré,
voit le corps qu'il aimait,
signe et don de l'amour,
et soudain le convoite.

ANGE 2 - La désobéissance
empoisonne la source,
enlaidit la belle image ressemblante.

Et le premier couple
s'est trouvé en exil,
loin de la paix,
loin de la plénitude de joie.

ANGE 1 - Leur vie terrestre achevée,
Adam et Eve ont échoué
dans cet immense cachot
le séjour des morts,
le shéol.

ANGE 2 - Depuis de longues années
ils y sont enchaînés,
et nous les veillons fidèlement.

ANGE 1 - Mais cette nuit
est une nuit nouvelle.

ANGE 2 - Vendredi, Jésus de Nazareth
a été crucifié.
L'Agneau de Dieu immolé
est mort à la neuvième heure.

Mais la mort ne l'a pas chargé de chaînes,
car il est Fils et Roi.

Il descend libre et vainqueur (….)

(...) ADAM - Que vois-tu ?
Ma chambre ? Une nuit désespérée.
Mon lit ? Un creux dans la pierre.

Etrange et froide étreinte,
assoupissement sans repos
qui lentement a détruit mes sens.

La poussière du temps
s'amoncelle sur moi.

JESUS - Je suis descendu
pour que tes yeux soient touchés
et que la vérité t'illumine.

ADAM - J'entendais des paroles semblables.
C'était une voix douce et persuasive;
elle insinuait que nos yeux s'ouvriraient.

Ce fut le commencement du désespoir. 

JESUS - Ce n'était pas ma voix.

ADAM - Je poursuis en ma mémoire

les images du jardin,
qui s'effeuillent comme des pétales,
comme si l'on me visitait
et que l'on déposait sur mon corps
quelque consolation passagère.

JESUS - Je t'apporte une paix et une joie
qui dureront éternellement.

ADAM - Le shéol est une longue insomnie,
une agonie sans issue.

Je ne sais plus s'il faut s'endormir ou lutter.
L'épuisement me harcèle,
l'anéantissement est proche.

Si je m'abandonne,
ne vais-je pas disparaître à jamais ?

JESUS - J'ai connu cette tentation.

ADAM - As-tu été broyé, dépouillé, haï ?

JESUS - Oui, comme l'un de tes fils.

ADAM - Ah, tu me connais, étrange voix.

Mes enfants !
Caïn le meurtrier, Abel le juste.
Pourquoi cette mort ?
Nous n'osions plus nous regarder.
Caïn s'en allait, inaccessible
comme une autre rive.

Abel disparaissait sous la terre,
qu'en silence je jetais sur lui.
Il fut le premier enfoui,
le premier perdu.

Je l'ai rejoint plus tard.

Il gît parmi les captifs,
qui sont ça et là.

JESUS - Où est ta femme ?

ADAM - Qu'en saurais-je ?
Et que sait-elle de moi ?
Ici, ni regard ni réconfort.

JESUS - Tu vivras si tu aimes.

ADAM - Pourquoi m'accables-tu ?
N'est-ce pas assez qu'à cause de toi
je tâche à grand-peine de parler
et d'évoquer le passé ?

Qui es-tu donc ?

Tu n'es pas un naufragé.
Tu es semblable et tout autre….

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