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Sur le fil
Auteur : Françoise Bacelon
Date de publication : 05/05/2012
isbn : 978-2-9534938-N-2.039

Marie fait souvent le même rêve. D’année en année, ce rêve revient de plus en plus souvent. Une petite fille marche sur le bord d’un trottoir, les bras écartés, telle une funambule sur son fil. Que signifie ce rêve ? Pourquoi revient-il la hanter nuit après nuit ? Tout cela a-t-il un sens ? Une nouvelle de Françoise Bacelon toujours aussi surprenante.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Pratiquant l’Ikebana, Françoise a souhaité créer ses propres vases et s’est inscrite dans un atelier de terre. Lors d’une exposition, elle a utilisé des cageots vides pour exposer ses œuvres.
« J’ai pensé à ce moment-là que ces cageots avaient la chance de vivre une seconde fois. Et, tout naturellement, je me suis dit qu’un jour j’écrirais la biographie d’un cageot… L’idée de faire parler ceux qui n’ont pas la parole était née.
Une de mes amies m’ayant dit qu’elle aimait à me lire, je me suis, quelques années plus tard, lancée dans l’aventure de la page blanche. Ainsi est né mon premier texte.
J’ai tout de suite aimé donner vie à des objets, par essence sans spiritualité. Mais non sans âme…
Peut-être une manière de transcender le quotidien… »

Née sous le signe de la lune dans Paris libéré, je me suis toujours intéressée aux arts, même sous leurs aspects les plus divers.
C’est curieusement l’art floral japonais, l’Ikebana, qui m’a amenée à l’écriture par des chemins, oh combien, détournés.
Pratiquant cette discipline depuis plus de trente ans maintenant, j’ai eu l’envie, il y a environ 10 ans, de fabriquer mes propres vases. Je me suis donc inscrite à un atelier de terre. Ma production semblant avoir quelque intérêt aux yeux de mon professeur, j’ai organisé une exposition de mes travaux pour laquelle j’ai utilisé des cageots vides de fruits et de légumes comme supports à mes œuvres.

La fillette a cinq ans environ. Vêtue d’une robe blanche à volants et à manches ballon elle se concentre sur son trajet. La rue est déserte comme le sont les rues le dimanche matin, au lever du jour. Personne pour la distraire. Elle doit faire attention à ne pas tomber dans le précipice qui se trouve sur sa droite. Elle marche sur le bord du trottoir, glissant ses pieds l’un après l’autre sur l’asphalte, les bras à l’horizontale lui servant de balancier. Elle avance prudemment comme un funambule sur son fil au-dessus du vide. Elle doit garder la tête droite, ne pas regarder au-dessous d’elle. Elle doit veiller à ne pas se laisser gagner par le vertige. Son but est quelque part, là-bas, sur la ligne d’horizon.

C’est la troisième ou quatrième fois que Marie fait ce rêve. Elle a aujourd’hui 17 ans. Elle n’a jamais porté de robe à manches ballon, n’a jamais été blonde. Elle ne connaît pas la petite fille, mais elle est sûre de se reconnaître ; c’est elle qui marche avec tant de précaution au bord du trottoir. Comme si sa vie en dépendait.

Mais la vie de Marie est ailleurs. Elle oublie vite la petite fille du rêve.

 

***

Cela fait maintenant plusieurs années que l’enfant en robe blanche fait partie de ses nuits. A intervalles irréguliers, elle vient lui rendre visite.

La rue est maintenant animée par des passants qui marchent sans s’intéresser à elle, peut-être même sans la voir. Elle, continue sa progression au-dessus du gouffre, avançant lentement, avec prudence, pour ne pas dévier de sa trajectoire. Elle s’assure de sa stabilité, posant chaque pied délicatement avant d’entamer le pas suivant. Les bras toujours tendus pour s’aider à trouver un équilibre précaire. Le regard toujours fixé sur l’infini.

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