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La Rivière Disparue
Auteur : Melrika Roffray
Date de publication : 22/03/2012
isbn : 978-2-9534938-Je-6.013

Saviez-vous qu’il existait une rivière qui traversait Etretat autrefois ? Mais une vieille légende raconte comment elle disparut du jour au lendemain. C’est cette légende que veut nous faire partager Melrika à travers ce conte.

Remarques : Vieille légende normande

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Ah ! Melrika ! C’est la douceur, la tendresse, l’émotivité exacerbée. Ses nouvelles sont un régal entre légendes inventées, contes médiévaux, histoires mélancoliques. Un mot peut éveiller en elle tout un univers qu’elle pose sur le papier avec beaucoup d’émotion. Ce fut le cas pour la nouvelle « la tristesse d’Henri », née du mot LIT. Son imagination lui inspire souvent des œuvres presque magiques, inspirées de croyances et de superstitions populaires.
Vous n’hésiterez pas à la suivre sur les traces de cette louve si humaine, ou dans ses poèmes d’une infinie tendresse.

Tout le monde s’était installé autour de la grande cheminée de pierres. On avait eu un peu de mal à calmer les petits, mais la perspective d’entendre une histoire avait eu raison de leur agitation.
L’aïeule avait servi le vieux calva, héritage de son père, précieusement conservé dans la cave de la propriété. Inutile de chercher l’étiquette sur la bouteille, on savait que c’était du calva par la couleur ambrée, le parfum délicatement fruité de pommes. Pour la provenance et la fabrication, il fallait s’en remettre à la parole des anciens…

Grand-père, confortablement installé dans son large fauteuil en cuir, la pipe dans une main, le verre de calva dans l’autre, se racla la gorge. Un silence religieux se fit autour de lui.

“Il existait autrefois, dans notre bonne ville d’Etretat, une rivière qui coulait à l’air libre. Un moulin vivait de son eau claire et limpide et les meuniers se félicitaient tous les jours de cette aubaine. C’étaient de grands travailleurs acharnés et l’on prétendait, dans tout le pays, qu’ils étaient très, très riches. La roue de leur moulin tournait sans cesse, nuit et jour, alimentée par cette eau bénéfique.

Est-ce par envie, est-ce par jalousie, ils n’étaient point aimés des gens du village. Ils s’habillaient comme des gueux, de vêtements râpés, usés jusqu’à la corde, rapiécés en certains endroits. Leurs valets vivaient misérablement du peu d’argent qu’ils gagnaient à leur service. Leurs chevaux étaient efflanqués, mal nourris. On leur voyait les côtes tant ils étaient affamés. Surtout, ils méprisaient tous les autres meuniers du coin, les toisant de haut et se gaussant, devant eux, de faire plus de travail, une farine d’exception et d’être bien supérieurs à tous ces fainéants. Ils chassaient les pauvres hères qui avaient l’outrecuidance de venir taper à leur porte pour quémander un quignon de pain ou un coin de paille pour la nuit. On prétend même que plus d’un eut affaire aux crocs acérés du chien du meunier. Un grand chien cruel, dressé à l’attaque et à la poursuite.

Nul ne savait ce qu’ils faisaient de leur argent et nul ne pouvait compter sur leur générosité. Mais leur farine était de si belle qualité qu’on ne pouvait faire autrement que leur confier le blé à moudre. C’était leur force et, même s’ils étaient peu aimés, ils devenaient chaque jour de plus en plus riches et de plus en plus connus à des lieues alentour.

Comme on peut s’en douter, cette félicité ne pouvait pas durer éternellement.

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