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Une vie double
Auteur : Françoise Bacelon
Date de publication : 20/03/2012
isbn : 978-2-9534938-N-2.038

Max va enfin pouvoir changer d’identité, commencer à vivre vraiment. C’est qu’il éprouve un étrange mal être depuis ses dix-huit ans. Mais maintenant qu’il sait, maintenant que sa demande a été faite auprès de la mairie, il va pouvoir prendre un nouveau départ, repartir vers une vie nouvelle…


Françoise Bacelon nous a donné, là, une nouvelle qui sort de son registre habituel, mais très poignante.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Pratiquant l’Ikebana, Françoise a souhaité créer ses propres vases et s’est inscrite dans un atelier de terre. Lors d’une exposition, elle a utilisé des cageots vides pour exposer ses œuvres.

« J’ai pensé à ce moment-là que ces cageots avaient la chance de vivre une seconde fois. Et, tout naturellement, je me suis dit qu’un jour j’écrirais la biographie d’un cageot… L’idée de faire parler ceux qui n’ont pas la parole était née.

Une de mes amies m’ayant dit qu’elle aimait à me lire, je me suis, quelques années plus tard, lancée dans l’aventure de la page blanche. Ainsi est né mon premier texte.
J’ai tout de suite aimé donner vie à des objets, par essence sans spiritualité. Mais non sans âme…
Peut-être une manière de transcender le quotidien… »

Née sous le signe de la lune dans Paris libéré, je me suis toujours intéressée aux arts, même sous leurs aspects les plus divers.
C’est curieusement l’art floral japonais, l’Ikebana, qui m’a amenée à l’écriture par des chemins, oh combien, détournés.
Pratiquant cette discipline depuis plus de trente ans maintenant, j’ai eu l’envie, il y a environ 10 ans, de fabriquer mes propres vases. Je me suis donc inscrite à un atelier de terre. Ma production semblant avoir quelque intérêt aux yeux de mon professeur, j’ai organisé une exposition de mes travaux pour laquelle j’ai utilisé des cageots vides de fruits et de légumes comme supports à mes œuvres.

Il allait changer de prénom. Pour exister enfin, il devait le faire. C’était presque une question de vie ou de mort. En dévalant l’escalier de la mairie, c’était la seule idée qu’il avait à l’esprit.

Il n’avait même pas conscience de la pluie qui commençait à frapper l’asphalte avec violence. Il était à la fois dans un état de sidération absolu et rassuré. C’était devenu tellement inquiétant cette difficulté qu’il avait depuis des années à être lui-même, à se reconnaître. Il pouvait respirer : sa santé mentale n’était pas en cause. C’était une bonne nouvelle.

C’était vraiment curieux. A chaque date de son anniversaire, il lui devenait de plus en plus difficile de se souvenir de son âge. Il lui fallait exécuter une soustraction sans laquelle il lui était impossible de le donner avec précision. Et pourtant, il ne perdait pas la mémoire il en était sûr. Rien d’autre dans sa vie ne subissait ce trou noir. Il était capable de donner son adresse sans réfléchir, il connaissait par cœur des dizaines de numéros de téléphone, et plus encore, il était capable de réciter les dates de naissance de tous les membres de la famille. L’âge des autres, ça n’était pas compliqué. Mais le sien, c’était autre chose. Et cela semblait même s’aggraver d’année en année. C’était pourtant simple. Il avait, comme tout le monde, le même âge durant toute une année, et il suffisait d’ajouter un pour passer à l’année suivante. Pourquoi avait-il des difficultés à faire une chose aussi facile ?

A y bien réfléchir, son anniversaire n’était pas passé depuis deux jours qu’il avait déjà perdu le contrôle des chiffres. 360 jours par an, il n’y pensait pas, mais pendant les trois ou quatre qui encerclaient la date fatidique, il était troublé, perturbé même, par cette amnésie.

Ca avait commencé vers son 18ème anniversaire. Il ne pouvait pas être plus précis sur l’époque. A sa majorité, sans doute, en y réfléchissant. Au début, il n’y avait pas prêté attention, mais les années passant, cette difficulté s’était installée et avait même fini par devenir récurrente.

Puis était venue une impression de dédoublement. Comme si une partie de lui avait envie d’une chose et une autre partie d’autre chose. Il avait parfois le sentiment de se battre contre lui-même et d’être obligé de s’imposer ses propres choix. Il lui arrivait même de chercher à se convaincre à haute voix de ses préférences. Pour mieux se persuader qu’il avait raison ou qu’il était dans son bon droit.

Quelques années auparavant il était allé voir un psychiatre. Il ne lui avait parlé que de son incapacité à retenir sa date d’anniversaire.

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