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Houlgate
Auteur : Xavier Boissaye
Date de publication : 07/01/2008
isbn : 978-2-9534938-RT-7.004

Xavier Boissaye s’appuie sur des documents familiaux pour retracer l’histoire de la petite station balnéaire normande d’Houlgate.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

L’auteur, spécialiste des sciences humaines, a fondé la Société Plume Service en 1998. Cette société s’est d’abord attachée au conseil en écriture puis, en 2007, elle s’est ouverte sur le Net via le site Plume Direct, portail de partage entre auteurs et lecteurs. Outre les nombreux articles qu’il a écrit sur les sujets de société, il prenait un malin plaisir à s’amuser avec les subtilités de notre langue française si riche en doubles sens et contre sens.

Xavier Boissaye a participé à de nombreux travaux sur les sujets de société, notamment avec Alain Juppé, alors Premier Ministre, et Bernard Kouchner, Ministre de la Santé de l’époque. Il a aussi participé à de nombreuses émissions de télévision et de radio.

Ce texte est inspiré d’un témoignage laissé par une aïeule de ma famille dans la première moitié du XXe siècle.

Seule, cette partie de la Côte normande (hormis le Cotentin, jusque loin à l’intérieur des terres) offre un tel mélange de prairies et de beaux arbres, bien détachés, dans l’atmosphère particulière que présente cette proue, avancée dans l’océan. Ces ensembles de verdure, impossibles à rendre ailleurs autrement qu’en plates teintes monotones, m’ont inspiré nombre d’aquarelles.

Il existe bien, dans toute la France, des campagnes verdoyantes et délicieuses, aux prairies traversées de ruisseaux d’eau transparente, aux beaux chênes en futaies ou isolés, mais nulle part ailleurs on ne retrouve cette ambiance paradisiaque qui règne dans l’arrière-pays d’Houlgate.
Certaines parties des côtes bretonnes sont, elles aussi, très verdoyantes. Cependant, le sol granitique n’autorise pas cet effet particulier. La prestigieuse Bretagne possède son charme, bien à elle, profond et très différent.

Cette exubérance de verdure normande est égayée, éparpillés de place en place, de bâtiments de ferme aux murs de pisé ou de briques, blanchis à la chaux, rayés de poutres peintes en noir, qui en tissent l’armature et recouverts, autrefois (beaucoup moins à présent) de chaumes, remplacés de plus en plus par de l’ardoise ; hélas, on voit apparaître, aujourd’hui des tuiles rouges, trop criardes à mon goût. Les vives couleurs des fleurs, qui les accompagnent toujours, y ajoutent leur éclat : hautes tiges de roses trémières, grands disques flamboyants des soleils, fuchsias, géraniums… souvent protégés derrière des haies d’aubépine bien taillées.

Ce pays, si riche, est sillonné de bonnes routes, reliées entre elles par un réseau de chemins creux, souvent boueux il faut bien le reconnaître, mais tous charmants, formant des tunnels de verdure aux talus couverts de fougères et de scolopendres aux longues feuilles brillantes.

On est surpris, à chaque tournant de route, de voir changer le paysage, de découvrir soit de vastes horizons, soit des vallons au fond desquels coulent des ruisseaux. Cet étonnement naît aussi bien que l’on se tourne vers l’Ouest, tantôt vers la mer, tantôt vers les immenses étendues de pâturages de la vallée d’Auge (que l’on aperçoit après les dernières pentes qui plongent tout de suite jusqu’à la rivière La Dives, avec son petit port de pêcheurs, niché à l’embouchure, la petite ville du même nom, sa remarquable église et, enfin Cabourg, en bordure de mer), ou vers l’Est. Là, la même somptuosité s’étend vers Villers, Trouville, Honfleur, pour s’arrêter à l’embouchure de la Seine bordée, sur sa rive Est, de falaises crayeuses terminant une campagne couverte de grandes cultures de blé.

La plus belle partie de cette côte se situe, incontestablement, entre Houlgate et Villers. Là, une falaise s’élève jusqu’à près de cent vingt mètres au-dessus de la mer. Si l’on en croit Elisée Reclus, cette falaise est unique au monde. Le terrain, profondément recouvert d’une épaisse couche de terre végétale très riche, est formé d’une glaise grise remplie de fossiles, friable lorsqu’elle est sèche, liquide quand l’eau la délaye. Cette falaise est découpée en grandes crêtes, qui avancent vers la mer en immenses contreforts que le vent, la pluie, le soleil et les gelées déchiquètent en clochetons donnant, à cet ensemble de plus de quatre kilomètres, l’apparence d’une gigantesque cathédrale. Dans sa partie supérieure, elle a été divisée en deux étages par un affaissement massif si ancien que le temps a permis, aux intempéries, de reformer, dans la tranche brutalement coupée, de nouveaux contreforts et d’y sculpter de nouveaux clochetons.

L’espace qui sépare ces deux étages constituait, avant l’affaissement, une partie de la campagne, formant là un enchevêtrement de parcelles de prairies, entraînées intactes par l’effondrement, de grosses roches et de buissons, séparés en fondrières de glaise délayée par les sources qui suintent. Ces sources parviennent à se frayer un chemin vers la plage où, arrivées au pied de la falaise, elles tachent, à marée basse, du gris de la glaise emportée le jaune du beau sable, sorte de vase légère, superficielle, balayée par chaque montée de la marée.

On appelle cette partie de la falaise "Le Chaos" ou "Le Désert". Du sommet de l’étage supérieur on domine toute cette étendue, découvrant ensuite l’immensité de la mer avec, à droite vers l’Est, la haute pointe de la Hève au profil anguleux, au pied de laquelle s’étale Le Havre. Plus loin encore, on aperçoit le cap d’Antifer, masquant Etretat. A gauche, vers l’Ouest, on entrevoit, au-dessus d’Houlgate et de l’embouchure de La Dives, Cabourg, l’embouchure de l’Orne et, vers Arromanches et Courseulles, la côte de plus en plus basse au-dessus de laquelle s’élancent les deux grandes flèches de l’église de la Délivrance, lieu de pèlerinage des marins, toute décorée, à l’intérieur, d’ex-voto, témoignages de reconnaissance pour les naufrages évités grâce à leurs prières.

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