Vous avez 0 article dans votre panier   
Catalogue
Humour


  5,00 €

Téléchargement PDF ou EPUB






Eric ou la vraie vie - le roman
Auteur : Odil Allebaï
Date de publication : 11/12/2009
isbn : 978-2-9534938-Ro-4.003

Partez, avec son personnage, à la découverte de lieux magiques. Vivez des scènes étonnantes avec Eric, suivez-le dans son monde entre réalité et spiritualité. Découvrez des personnes étonnantes, suivez les incertitudes sexuelles et sensuelles de ce jeune homme puis de l’homme.

Eric est un être attachant, dans la recherche même de son identité, des autres, de lieux insolites.

Un roman qui vous mènera très loin, du monde souterrain du métropolitain jusqu’aux limites de l’esprit humain.

Remarques : Il existe une nouvelle portant le même titre et du même auteur.

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

C’est un “viveur“ de la poésie au quotidien. Il déambule sur le sentier des sens. C’est sa façon d’explorer les paysages de la vie. Il danse avec les phrases, il peint avec les mots.
Il aime les arts, tous les arts et sa description d’un ballet à l’opéra (Eric ou la vraie vie, le roman) est un grand moment de joie tant il parvient à faire vivre les danseurs avec ses mots.

Père de famille nombreuse, il enseigne à la faculté de Nanterre et s’investit dans la vie politique et communautaire de notre pays. Très actif, il dispose de peu de temps pour s’adonner à sa passion, l’écriture. Dommage.

Eric s’écarte quand il entend un cri étouffé : « au secours ! » C’est une femme. Les trains continuent d’arriver. Le quai s’est partiellement vidé mais, effrayés par l’obscurité, de nombreux passagers préfèrent rester dans les voitures. Un message d’ailleurs, le leur conseille. Les rames éclairées repartent. « Au secours ! » Eric a beau scruter la noirceur, il ne découvre pas immédiatement la forme pourtant allongée sur le sol, juste à côté de lui. Une femme sanglote. « Que se passe-t-il, Madame ? Vous a-t-on volé votre sac ? Etes-vous tombée ? Vous a-t-on frappée ? » Encore déconcerté par l’assaut d’excitation masculine dont il vient involontairement d’être le témoin, Eric ne sait que dire à la femme. Il lui pose la main sur l’épaule, comme s’il voulait compenser ainsi son incapacité à l’écouter. A juger de ce qu’il voit des traits de son visage, elle paraît jeune. Elle suffoque. Eric comprend qu’elle est en proie à une crise d’angoisse. « Indiquez-moi la sortie, monsieur, s’il vous plaît, indiquez-moi vite la sortie ! - Vous a-t-on fait du mal, Madame ? – Non, j’ai peur, je panique dans l’obscurité, je perds mes moyens. Depuis combien de temps sommes-nous ici ? - Depuis quelques minutes seulement, une dizaine de minutes à peine. Vous n’avez rien à craindre. Voulez-vous que j’appelle des secours ? Donnez-moi votre main et essayez de vous lever. » La dame s’exécute tant bien que mal, en s’accrochant d’une main à la coque d’un siège, en tenant de l’autre la main d’Eric. Car sa corpulence ne facilite pas ses mouvements. Elle se tient enfin debout. Un peu en arrière, les trois derniers gamins, maintenant soulagés, se sauvent en ricanant. La dame transpire et s’appuie sur l’épaule d’Eric. Elle pleure encore. Des spasmes la secouent par intermittence. Puis elle se calme progressivement, au fur et à mesure qu’ils approchent de l’escalier et qu’Eric lui indique les éclairages de sécurité : « vous n’avez réellement rien à craindre. Nous sommes arrivés aux escaliers. Vous allez vous calmer complètement et nous monterons tranquillement jusqu’à la porte Lescot. ». Des employés de la RATP arrivent à ce moment, accompagnés par des policiers. L’escouade se déploie sur le quai quasiment désert, Seul le vendeur de journaux est resté : il monte la garde devant sa devanture dont il n’a pas réussi à baisser le rideau de fer. Eric gravit une à une les marches des longs escaliers de la station. « Etes vous proche de chez vous, lui demande t’il pour meubler le temps car la dame halète et s’arrête souvent pour reprendre son souffle ? – J’habite rue des Cygnes, est ce que vous connaissez ? - C’est dans le quartier ? – Oui, oui, à deux pas d’ici. » Eric se tait car il redoute soudain qu’elle lui demande de la raccompagner jusqu’à son domicile. Ce soir, en effet, il a l’intention de se distraire un peu et entend bien profiter de ce moment qu’il a enfin réussi à libérer. On sort de la salle des pas perdus. Il espère qu’elle le renverra. En vain, car la dame semble prendre goût à sa compagnie. A moins qu’elle ne souffre réellement. Car elle ralentit encore l’allure. Les effluves de son parfum se raniment. Opium. Elle s’appuie à la rampe du dernier escalier. Nouvelle pause. Il n’y a plus personne dans le centre commercial dont les accès ont été barrés et les visiteurs évacués dès le début de la panne. Une équipe de secours passe et propose son aide. La dame refuse aimablement et toujours au bras d’Eric, entame péniblement l’ascension du dernier escalier dont le nombre de marches est largement plus élevé que ce qu’ils ont grimpé pour remonter du quai. Soudain la lumière est rétablie et l’escalator redémarre en une secousse brutale. Ils vacillent. L’air se rafraîchit car on se rapproche maintenant de la surface. La femme se rétablit enfin tout à fait. Sur la place, un nombre impressionnant de policiers est réuni. Au moment où ils arrivent, les fonctionnaires des forces de l’ordre commencent de se disperser pour rejoindre leurs véhicules garés près du boulevard. 

 

« Monsieur, je tiens à vous remercier de votre gentillesse. Accepterez vous que je vous offre à boire ? » Eric consulte sa montre, se donnant ainsi un répit pour imaginer une excuse. « Il est près de 21 heures et comme je suis attendu pour dîner, il m’est difficile d’accepter. » Elle pose sur lui un regard insistant. « Vous me feriez plaisir. » Comme il avait menti et qu’il était curieux, alors il se ravise. « Je veux bien, je vais m’arranger pour ajourner ce dîner ». Elle sourit et son regard s’illumine d’un éclat mat et profond : quels beaux quinquets bruns ! Il lui emboîte le pas et ils se dirigent vers la rue des Cygnes par la rue Saint-Denis. L’alignement désordonné des bâtisses dresse un décor aux faux airs de plateau de cinéma. Le pavage à l’ancienne renvoie à des époques révolues. L’éclairage étend sur les façades des ombres aux formes cartonnées. Des multiples renfoncements ténébreux, on s’attend à voir sortir quelque soudard et, des embrasures des portes, des péripatéticiennes aux jambes fuselées. On croise des groupes de jeunes gens qui parlent bruyamment ou bien des solitaires qui s’attardent devant des sex-shops dont les rideaux frémissent, cachant à peine de bien improbables mystères. A cette heure, pourtant, la soirée n’a guère commencé mais on a peine à imaginer que de vrais habitants peuplent ces appartements. Des lumières brûlent ici et là. Une ronde de policiers passe à vélo. Eric songe aux hirondelles d’antan. Les forts ne sont pas loin. Les devantures des magasins ressemblent à d’anciennes boucheries. De la sciure coule encore dans les caniveaux. Des odeurs de sang et de poireaux saturent les impasses. Les livraisons ne vont pas tarder à arriver de tout le pays. On entend le flap flap des diesels. Mais, ce soir, tout est propret, le RER déverse ses peuples banlieusards, les policiers montent bonne garde. Eric marche aux côtés d’une jeune femme rencontrée voici à peine une heure sur un quai du métro. « Habitez-vous le quartier depuis longtemps ? – Deux ans. » La rue des Cygnes est étroite et encore plus sombre que les autres ruelles. Ils montent au quatrième étage d’un immeuble très ancien. Marches de guingois. Escalier biscornu. Couloirs étroits. Elle le fait pénétrer dans des lieux étonnants : une suite de pièces situées sous les toits, reliées par des passages, des escaliers intérieurs, parfois quelques degrés simplement afin de passer d’un immeuble à un autre. Car l’appartement est constitué d’un assemblage des greniers. Les éclairages sont disséminés dans les inégalités d’épais murs blanchis à la chaux. « Entrez, dit-elle, après avoir poussé une porte de bois grossier. »

Produits associés

Commentaires des internautes

Commentaires :