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Un Normand
Auteur : Guy de Maupassant
Date de publication : 18/01/2011
isbn : 978-2-9534938-Cl-5.015

Une nouvelle de Maupassant, tirée des Contes de la Bécasse, pas très connue mais pleine d’humour. On retrouve l’amour de l’auteur pour la Normandie et son sens aigu de l’observation, notamment sa lucidité face à ses congénères.

L’écriture de Maupassant est telle qu’on visualise parfaitement et le lieu et les personnages, hauts en couleurs, décrits ici. Une page du passé qui demeure malgré tout très moderne.


Remarques : Un immense comédien tel que Gabin aurait magnifiquement interprété ce rôle du Normand, si typique.

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Guy de Maupassant est originaire de la Seine Maritime. Il est né en 1850 au château de Miromesnil, à Tourville-sur-Arques. Il n'a jamais oublié ses origines normandes et l'on retrouve cet amour de sa région dans nombre de ses écrits. Il décrit avec bonheur la vie des paysans normands, de la petite bourgeoisie et aborde aussi les hallucinations de la folie. Poussé par Flaubert, il participa aux soirées de Médan en publiant Boule de Suif. Il est surtout pour connu pour ses contes et nouvelles (La Maison Tellier, Contes de la Bécasse), mais a aussi écrit des romans comme Bel Ami. On retrouve aussi certains articles signés de sa plume dans des journaux.

Atteints de troubles neurologiques, il mourut avant de sombrer complètement dans la démence en 1893.

Nous venions de sortir de Rouen et nous suivions au grand trot la route de Jumièges. La légère voiture filait, traversant les prairies ; puis le cheval se mit au pas pour monter la côte de Canteleu.
C’est là un des horizons les plus magnifiques qui soient au monde. Derrière nous, Rouen, la ville aux églises, aux clochers gothiques, travaillés comme des bibelots d’ivoire ; en face, Saint-Sever, le faubourg aux manufactures, qui dresse ses mille cheminées fumantes sur le grand ciel vis-à-vis des mille clochetons sacrés de la vieille cité.
Ici la flèche de la cathédrale, le plus haut sommet des monuments humains ; et là- bas, la “Pompe à feu“ de la “Foudre“, sa rivale presque aussi démesurée, et qui passe d’un mètre la plus géante des pyramides d’Egypte.
Devant nous la Seine se déroulait, ondulante, semée d’îles, bordée à droite de blanches falaises que couronnait une forêt, à gauche de prairies immenses qu’une autre forêt limitait, là-bas, tout là-bas.
De place en place, de grands navires à l’ancre le long des berges du large fleuve.
Trois énormes vapeurs s’en allaient, à la queue leu leu, vers Le Havre ; et un chapelet de bâtiments, formé d’un trois-mâts, de deux goélettes et d’un brick, remontait vers Rouen, traîné par un petit remorqueur vomissant un nuage de fumée noire.
Mon compagnon, né dans le pays, ne regardait même point ce surprenant paysage ; mais il souriait sans cesse ; il semblait rire en lui-même. Tout à coup, il éclata : « Ah ! vous allez voir quelque chose de drôle ; la chapelle au père Mathieu. Ca, c’est du nanan, mon bon. »
Je le regardai d’un œil étonné. Il reprit :
« Je vais vous faire sentir un fumet de Normandie qui vous restera dans le nez. Le père Mathieu est le plus beau Normand de la province, et sa chapelle une des merveilles du monde, ni plus ni moins ; je vais vous donner d’abord quelques mots d’explication. »

Le père Mathieu, qu’on appelle aussi le père “La Boisson“, est un ancien sergent- major revenu dans son pays natal. Il unit en des proportions admirables pour faire un ensemble parfait la blague du vieux soldat à la malice finaude du Normand. De retour au pays, il est devenu, grâce à des protections multiples et à des habiletés invraisemblables, gardien d’une chapelle miraculeuse, une chapelle protégée par la Vierge et fréquentée principalement par les filles enceintes. Il a baptisée sa statue merveilleuse : “Notre-Dame du Gros-Ventre“, et il la traite avec une certaine familiarité goguenarde qui n’exclut point le respect. Il a composé lui-même et fait imprimer une prière spéciale pour sa BONNE VIERGE. Cette prière est un chef-d’oeuvre d’ironie involontaire, d’esprit normand où la raillerie se mêle à la peur du SAINT, à la peur superstitieuse de l’influence secrète de quelque chose. Il ne croit pas beaucoup à sa patronne ; cependant il y croit un peu, par prudence, et il la ménage, par politique.

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