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La Nuit
Auteur : Guy de Maupassant
Date de publication : 09/04/2011
isbn : 978-2-9534938-Cl-5.012

Guy de Maupassant aime la nuit. C’est un véritable noctambule, il y trouve une atmosphère, un bien-être que la journée ne peut apporter.

Oui, mais il est des nuits étranges où tout bascule dans un autre univers et, ces nuits-là, on éprouve des sensations pour le moins inattendues, inquiétantes, angoissantes. Ces nuits-là peuvent tourner au cauchemar.

Cette nouvelle de Maupassant nous plonge dans le Paris de la fin du XIXe siècle et nous promène de rue en rue, de quartier en quartier.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Guy de Maupassant est originaire de la Seine Maritime. Il est né en 1850 au château de Miromesnil, à Tourville-sur-Arques. Il n'a jamais oublié ses origines normandes et l'on retrouve cet amour de sa région dans nombre de ses écrits. Il décrit avec bonheur la vie des paysans normands, de la petite bourgeoisie et aborde aussi les hallucinations de la folie. Poussé par Flaubert, il participa aux soirées de Médan en publiant Boule de Suif. Il est surtout pour connu pour ses contes et nouvelles (La Maison Tellier, Contes de la Bécasse), mais a aussi écrit des romans comme Bel Ami. On retrouve aussi certains articles signés de sa plume dans des journaux.

Atteint de troubles neurologiques, il mourut avant de sombrer complètement dans la démence en 1893.

J’aime la nuit avec passion. Je l’aime comme on aime son pays ou sa maîtresse, d’un amour instinctif, profond, invincible. Je l’aime avec tous mes sens, avec mes yeux qui la voient, avec mon odorat qui la respire, avec mes oreilles qui en écoutent le silence, avec toute ma chair que les ténèbres caressent. Les alouettes chantent dans le soleil, dans l’air bleu, dans l’air chaud, dans l’air léger des matinées chaires. Le hibou fuit dans la nuit, tache noire qui passe à travers l’espace noir, et, réjoui, grisé par la noire immensité, il pousse son cri vibrant et sinistre.

Le jour me fatigue et m’ennuie. Il est brutal et bruyant. Je me lève avec peine, je m’habille avec lassitude, je sors avec regret, et, à chaque pas, chaque mouvement, chaque geste, chaque parole, chaque pensée me fatigue comme si je soulevais un écrasant fardeau.

Mais quand le soleil baisse, une joie confuse, une joie de tout mon corps m’envahit. Je m’éveille, je m’anime. A mesure que l’ombre grandit, je me sens tout autre, plus jeune, plus fort, plus alerte, plus heureux. Je la regarde s’épaissir, la grande ombre douce tombée du ciel : elle noie la ville, comme une onde insaisissable et impénétrable, elle cache, efface, détruit les couleurs, les formes, étreint les maisons, les êtres, les monuments de son imperceptible toucher.

Alors j’ai envie de crier de plaisir comme les chouettes, de courir sur les toits comme les chats ; et un impétueux, un invincible désir d’aimer s’allume dans mes veines.

Je vais, je marche, tantôt dans les faubourgs assombris, tantôt dans les bois voisins de Paris, où j’entends rôder mes cœurs les bêtes et mes frères les braconniers.

Ce qu’on aime avec violence finit toujours par vous tuer. Mais comment expliquer ce qui m’arrive ? Comment même faire comprendre que je puisse le raconter ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je sais seulement que cela est. – Voilà.

Donc hier – était-ce hier ? – oui, sans doute, à moins que ce ne soit auparavant, un autre jour, un autre mois, une autre année, - je ne sais pas. Ce doit être hier pourtant, puisque le jour ne s’est plus levé, puisque le soleil n’a pas reparu. Mais depuis quand la nuit dure-t-elle? Depuis quand ?... Qui le dira ? qui le saura jamais?

Donc, hier, je sortis comme je fais tous les soirs, après mon dîner. Il faisait très beau, très doux, très chaud. En descendant vers les boulevards, je regardais au-dessus de ma tête le fleuve noir et plein d’étoiles découpé dans le ciel par les toits de la rue qui tournait et faisait onduler comme une vraie rivière ce ruisseau roulant des astres.

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