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Monographie
Auteur : Jef Martinez
Date de publication : 10/03/2009
isbn : 978-2-9534938-LF-11.001

Jef Martinez nous apporte la preuve que bien maîtriser la langue française permet une intégration plus facile et plus épanouissante.

Il raconte, là, son expérience personnelle lors de son adolescence et de sa vie professionnelle. D’origine d’une famille espagnole, il a tout de suite compris les enjeux de bien parler et écrire le français.

Remarques :

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.com

Issu d’une famille d’origine espagnole, Jef est un passionné de la langue française et a souvent œuvré, dans son métier d’éducateur, en faveur de notre langue. C’est aussi un excellent dessinateur de BD et dessins humoristiques. Vous pouvez découvrir l’étendue de son talent sur le site dans la rubrique Illustrations/BD.

Père de deux enfants, son épouse polonaise lui a fait découvrir les subtilités de l’âme et de la culture slaves. On retrouve dans certaines de ses cartes les liens avec la Pologne. Jef est un être sympathique et chaleureux, à l’humour décapant. Comme nous, vous apprécierez ses dessins.

Je me suis intéressé à l’écriture car tant dans ma vie personnelle que professionnelle, j’ai pu mesurer l’importance de ce mode d’expression. Je suis issu d’une famille d’immigrés espagnols. Chez nous, l’écrit était synonyme d’inquiétude, de soucis ou d’ennui.

Généralement, les écrits en question n’étaient autres que des factures ou des papiers administratifs, que mes parents avaient du mal à saisir. Pour cela, ils dépendaient de voisins bienveillants qui pénétraient ainsi dans l’intimité familiale.

Il m’arrivait de comprendre que l’écrit pouvait être aussi source de plaisir quand nous recevions des lettres de la famille d’Espagne. Là, nous n’avions pas besoin de voisins pour comprendre et nous répondions à la famille, sans le regard d’un autre qui nous dictait ce qui fallait écrire. Dans ces moments-là, nous maîtrisions l’écrit et nous étions libres à l’intérieur de notre propre langue. Impuissants dans la langue du pays d’accueil, mes parents se sont montrés très vigilants sur mon apprentissage de la lecture.

En apprenant à lire et à écrire, je devenais le traducteur de la famille. Plus je progressais dans ce domaine et plus la famille gagnait en indépendance. Très jeune, je remarquai que la lecture et l’écriture étaient sources de pouvoir. Je veux dire par-là possibilité d’agir.

Par la suite, j’ai eu l’occasion de participer à un dispositif de recherche sur la lecture et l’écriture avec l’Association Française pour la Lecture (AFL). J’ai été animateur, puis formateur au Centre National des Classes de Lecture (CNCL) à Bessèges dans le Gard. Cette structure accueillait aussi bien des enfants en
milieu scolaire classique que des jeunes en IMPRO, mais aussi des jeunes en insertion ou des adultes exerçant des professions diverses…

C’est à travers les multiples questions que l’éducatrice lui posait suite à la lecture de son texte qu’elle a pu mieux le cerner et répondre au mieux à sa problématique. J’ai assisté à ces entretiens. Le ton de voix était différent. Il me semblait plus à l’aise ou c’est peut-être moi qui le comprenais mieux

J’ai revu Boris par la suite. Il avait abandonné l’écriture et s’était lancé dans un projet d’entrée aux Beaux-Arts. Il avait fait des études d’arts plastiques jusqu’à la terminale. Il semblait plus entreprenant. Je le sentais plus à l’aise. Nous parlions des Beaux-Arts et il me remercia. Je lui ai demandé pourquoi. Il me dit :
« J’ai toujours fait semblant de me dire que je vivais bien. J’ai toujours souri parce que je voyais que cela rendait les gens gentils avec moi. J’avais un poids mais je ne savais comment m’en débarrasser. Puis j’ai lu « les nuits fauves » et je me suis dit que j’en avais marre de vivre comme je vivais, que j’en avais marre de me mentir. Je ne sais pas encore ce que je veux vraiment mais je sais ce que je ne veux plus »

L’écrit lui a ôté sa carapace protectrice, lui a permis de passer de l’insouciance de sa souffrance au souci de s’en débarrasser. Il retrouvait une confiance en soi qu’il avait perdue et une volonté d’agir. Comme écrit Jean-Yves Revault dans « Ecrire pour se guérir »2, j’avais l’impression en lisant son texte et en voyant son sourire, quand j’abordais avec lui les moments pénibles, qu’il avait besoin de revivre son passé pour s’en débarrasser.

De mon côté, je n’imaginais pas qu’un tel écrit aurait pu me mettre dans l’impossibilité d’agir. En agissant spontanément, je n’avais pas mesuré la portée de la consigne énoncée. Toujours est-il que l’écrit a offert un espace de liberté qui a permis à Boris de se délivrer de son lourd passé. De mon côté, si cet écrit m’a enfermé dans un rôle de psychothérapeute malgré moi, il m’a néanmoins permis d’apprécier l’importance du travail en équipe pour m’aider à faire face à une dimension que je n’avais pas envisagé..

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